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Dessinateur : Osamu Tezuka
Scénariste : Osamu Tezuka
Éditeur : Delcourt/Tonkam
Collection : Prestige
Genre : Seinen
Public : + 16 ans
Contenu : 592 pages
Sortie : 16 janvier 2019
Prix : 29,99€
Statut de la série : Terminée en 1 tome

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Résumé

Michio Yuki a deux personnalités : employé de banque modèle, affable et apprécié par ses collègues, et assassin sans scrupule. Durant son enfance, il a été enlevé par un groupe de jeunes désœuvrés et emmené sur l’île d’Okinomafuné. Là, une terrible catastrophe se produit : un gaz, le MW, mis au point par l’armée US a fuité dans la nature et toute la population de l’île est retrouvée morte, ayant terriblement souffert. Yuki ne doit la vie sauve qu’à Garaï, qui l’a emmené passer la nuit à ses côtés dans une grotte. Mais ce n’est pas sans dommage ! Tandis que Garaï devient prêtre catholique, Yuki ne désire qu’une seule chose : se venger ! Et pour ce faire, il ne reculera devant rien. Il devient un professionnel du travestissement, tue des jeunes femmes qui succombent à son charme et séduit toute personne qui peut l’aider à ses fins.

Notre critique

Yuki, personnage central de cette histoire, est un être complexe, pourvu d’une double face : autant il peut être séducteur et se faire apprécier de tous, autant il peut être manipulateur et cruel. Il n’y a aucun doute, le gaz respiré sur l’île d’Okinomafuné lui a complètement retourné le cerveau. Sa vengeance est devenue une obsession, et il n’hésite pas à enlever des gens, même des enfants,  et à violer et tuer des jeunes filles, qui ne sont en rien responsables. Et sa façon de faire est cruelle : drogue, attaque de molosse éduqué pour la chasse à l’homme, etc. Garaï, lui, est le confesseur de Yuki. Mais pas que cela, car il y a 15 ans, ils étaient ensemble sur l’île et ont donc vécu la même chose et par la suite, ils sont devenus amants. Et même si Garaï a fait vœu de chasteté en entrant dans les ordres, il ne peut résister à Yuki. Il le protège, même si il connaît les visées de Yuki et que ce jeune homme est sans scrupule. On peut dire que Garaï est partagé entre amour et culpabilité, ce qui le rend plus humain que Yuki. D’autres personnages apparaissent comme Mika et Sumiko, toutes les deux folles amoureuses de Yuki. La première est la fille de Nakata Eikaku, politicien, qui était en charge du « nettoyage » de l’île d’Okinomafuné après la fuite du MW. Sumiko, elle, était amoureuse du père Garaï, mais Yuki, après l’avoir violée, l’a rendue dépendante de lui. Aohata, journaliste, et Meguro, qui travaille au parquet, cherchent tous les deux à connaître le fin mot de l’histoire, aussi bien sur le MW que sur la série de meurtres qui entoure ce gaz. Meguro est un fin limier et ne lâchera pas les soupçons qu’il porte sur Yuki.

Les thèmes abordés dans ce manga sont multiples : les gaz toxiques utilisés par l’armée, comme le Napalm; l’homosexualité, que le Japon n’accepte toujours pas; les troubles psychologiques  comme la double personnalité ou encore le syndrome de Stockholm; la corruption des politiciens et le sexe qui permet de manipuler les gens. Dans cette œuvre, Osamu Tezuka aborde tout cela en critiquant fortement la société nippone, assez rétrograde, et l’armée américaine qui a occupé le pays pendant de longues années.

Les traits des personnages sont typiques de chez Tezuka. On reconnait son style au premier coup d’œil. Les personnages ont parfois des traits exagérés, surtout quand ils sont en colère, et les politiciens ont des traits peu agréables. On sent que Tezuka ne les porte pas dans son cœur. Yuki passe de son physique masculin à un physique féminin sans aucunes différences, et on peut s’y perdre facilement. Les onomatopées traduites, les expressions des personnages parfois exagérées et les lignes de vitesse facilitent la lecture et le sens des textes dans des bulles parfois un peu long… Certaines cases sont plus grandes et elles montrent au lecteur des vues d’ensemble sur les paysages dans lesquels évoluent les héros. Ces cases sont alors bien détaillées, comparées aux cases plus petites où se déroulent les actions. Certains fonds sont mêmes noirs et on ne voit que le personnage dedans. Cela rend l’histoire plus sombre.

Cette édition prestige fait partie de la collection Delcourt/Tonkam Seinen. C’est une édition intégrale qui regroupe les 3 volumes de l’édition précédente. Elle bénéficie d’une couverture rigide cartonnée, d’une jaquette assez épurée, une petite biographie sur son auteur, Osamu Tezuka (1928-1989) et une préface de Patrick Honnoré, qui introduit l’œuvre à suivre. Il y a même un marque-page en cordon, car il faut reconnaître que les 592 pages ne se lisent pas spécialement d’une traite.

Notre critique de l'intégrale de MW

En bref, Osamu Tezuka est une référence incontournable, qu’il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie. Ce manga n'est pas trop complexe à lire, avec une histoire assez bien ficelée et pas mal de retournements qui rendent l’œuvre vivante.

Scénario90%
Dessin80%
Edition90%
Originalité90%
Mise en scène85%
Intérêt sur la durée70%
On a aimé
  • Un héro à double personnalité, effrayant
  • Coups de théâtre spectaculaires
On a moins aimé
  • Le coup de crayon de Tezuka qui est assez vieillot
  • Format pas idéal pour le transport
80%Note Finale

A propos de l'auteur

De la génération Club Dorothee, élevée avec Saint Seya, Cobra et City Hunter, Saya, qui a un gros faible pour les shojo et les josei, adore faire de nouvelles découvertes. Le manga est une passion qu'elle n'hésite pas à transmettre aux générations futures.

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