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Éditeur : NIS America
Développeur : Grasshopper Manufacture
Genre : Visual Novel / Aventure
Version Éditeur : PlayStation 4
Autre supports : PC
Langue : Textes en anglais
Classification : + 16 ans
Sortie en France : 16 mars 2018
Taille d’origine : 7,46 Go
Prix Moyen : 29,99€

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Introduction

En octobre 1999 sortait au Japon un jeu vidéo sur PlayStation intitulé The Silver Case. Développé par Grasshopper Manufacture sous la direction de Goichi Suda (No More Heroes, Killer 7), il aura fallu attendre 2016 pour que le jeu atteigne l’occident sous la forme d’une version remasterisée en haute définition, d’abord disponible sur PC, puis sur PS4 en 2017 édité par NIS America. C’est à présent au tour de sa suite, The 25th Ward : The Silver Case, de profiter d’une nouvelle version et d’une sortie mondiale.

Se déroulant plusieurs années après les évènements du premier volet, The 25th Ward : The Silver Case avait été originellement développé pour être joué sur les téléphones portables japonais en 2005, plateforme sur laquelle il était resté disponible jusqu’en 2011. Alors que le jeu était voué à disparaître depuis l’arrêt des services, Suda51 décide, suite au succès du remaster de The Silver Case, de redonner vie à ce jeu fantôme. Plus qu’un remaster, il s’agit ici d’un remake total du jeu original.

Un thriller étrange mais prenant

The 25th Ward : The Silver Case est un visual novel d’aventure dans lequel le joueur est amené à lire des segments d’histoire entre lesquels il devra utiliser des commandes d’action ou résoudre des énigmes pour pouvoir progresser. Le jeu prend la forme d’un « collage » d’images en 2D et de décors en 3D, le tout par-dessus un fond coloré parsemé de formes changeantes qui bougent en rythme avec la musique d’ambiance. Si l’on s’accoutume vite à ce style classique et moderne à la fois, on ressent tout de même l’âge de ce titre qui ne tente en aucun cas de faire dans l’innovation, préférant miser sur son charme de jeu rétro. Un choix que l’on aura du mal à lui reprocher tant cela s’accorde bien avec son ambiance de thriller en noir et blanc dans un univers dystopique bourré de technologies futuristes à une époque où les smartphones et les écrans plats n’avaient pas encore été inventés.

Save the Life

L’histoire se déroule sept ans après The Silver Case dans le « Quartier 25 » récemment construit. Officiellement, ce 25ème quartier est une zone utopique dont les habitants ont été soigneusement sélectionnés et disposent de tous les équipements nécessaires à leur bonheur au prix d’une surveillance et d’un contrôle absolus. Trois scénarios sont disponibles : Correctness, Matchmaker et Placebo, tous trois découpés en plusieurs chapitres, qui permettront au joueur de suivre trois groupes différents au travers d’une affaire de meurtres étranges et de complots divers mais étroitement liés les uns aux autres. Bien que le jeu laisse au joueur la liberté d’avancer à sa guise dans les scénarios (et ne donne d’ailleurs aucune directive particulière), il serait plutôt conseillé de progresser en alternant ces derniers, de manière à faire le chapitre 1 de chaque, puis tous les chapitres 2, et ainsi de suite. Non seulement cela vous permettra d’avoir à chaque fois un point de vue différent sur les évènements en cours, mais vous gagnerez aussi des informations cruciales sur les personnages ou les divers organismes présentés dans l’univers, sans quoi vous risquez d’être rapidement perdus si vous décidez de suivre chaque scénario un par un.

Les évènements majeurs de The Silver Case sont résumés brièvement au début du jeu dans des « chapitres 0 », permettant aux nouveaux venus de profiter du jeu même sans avoir touché à son prédécesseur. Toutefois, il est important de noter que certains personnages referont parfois une apparition ou seront mentionnés sans aucune introduction au préalable. Sans gâcher l’expérience de jeu ou la compréhension de l’histoire, cela entraîne forcément quelques passages de confusion… mais qui passeront presque inaperçus au final, étant donné que le scénario lui-même est assez difficile à suivre. Surréaliste au possible, il ne faudra pas tout prendre au pied de la lettre et accepter parfois de se laisser entraîner sans trop essayer de trouver une logique à cet univers qui ne suit pas les mêmes règles que le nôtre, sans quoi vous risquez de passer une bonne partie du jeu à vous demander pourquoi des personnages censés être morts réapparaissent soudain, ou comment un être humain peut se brancher à un câble électrique.

Autre point important : le jeu ne dispose pas de traduction en français, et une très bonne maîtrise de la langue anglaise vous sera nécessaire non seulement pour comprendre les subtilités de l’histoire, mais également pour résoudre les énigmes qui vous seront posées tout du long.

Patience et réflexion

Bien qu’il soit toujours un peu délicat de juger un visual novel à son gameplay, on peut tout de même reprocher à ce titre quelques faiblesses à ce niveau. Les options du joueur se limitent souvent à choisir entre « observer », « parler » et « se déplacer », et il faudra régulièrement essayer chaque option plusieurs fois avant de trouver la bonne qui nous permettra d’avancer. Les énigmes à résoudre se présentent souvent sous la forme de mots de passe qu’il faudra retenir ou bien deviner à l’aide d’indices ; le principe est sympathique mais très peu poseront finalement de réelle difficulté. D’autres petits « puzzles » et mini-jeux viendront vous faire obstacle durant l’histoire, comme des labyrinthes, des parodies de RPG ou encore des dialogues à choix multiples auxquels il vous faudra trouver la bonne réponse. Certaines phases apportent un plus au titre, d’autres s’avéreront assez frustrantes en vous demandant plusieurs fois de recommencer du début ou en vous laissant sans aucune indication. En dehors de cela, le jeu reste relativement simple dans l’ensemble.

Le plus dommage sera peut-être le manque flagrant d’options quant à la lecture de l’histoire. Les dialogues ne sont pas doublés, nous laissant à la place avec un bruit de machine à écrire lors du défilement de texte qui peut s’avérer assez agaçant mais que vous pourrez heureusement baisser, voire éteindre si besoin. Pas de lecture automatique du texte, pas d’option permettant d’accélérer ou de passer le texte déjà lu, pas de sauvegarde rapide… En vérité, la seule chose qu’offre le menu « Options » du jeu est la modification du volume. Étant donné qu’il s’agit d’un remake, quelques rajouts auraient sans doute été appréciés.

Le génie excentrique de Suda51

Mais en dehors de ces quelques points, The 25th Ward : The Silver Case reste une expérience mémorable. Chaque personnage se démarque des autres par sa complexité et son développement, et on trouve difficile de les ranger dans des catégories toutes prêtes telles que « gentils » et « méchants ». On se surprend à sourire en lisant les dialogues amusants entre ces protagonistes et on se laisse entraîner dans cette ambiance variant entre horreur et humour noir, mais qui nous pousse une fois la console éteinte à réfléchir aux questions métaphysiques soulevées par l’histoire.

La bande-son du titre est particulière dans le sens où très peu de pistes sont réellement intéressantes écoutées seules, mais elles collent si bien à l’univers et à l’intrigue qu’on se sent transportés malgré tout dans cette ambiance sombre, oppressante et surréaliste mêlant parfois rêve et réalité. Les meilleures pistes sont en outre gardées pour les moments les plus fort et il faudra attendre la fin du jeu pour les découvrir.

Le jeu ne proposant pas au joueur de faire des choix durant l’aventure, il vous faudra subir la trame sans pouvoir l’influencer d’une quelconque manière. Toutefois, le titre parvient à nous surprendre en proposant, lors d’un dernier chapitre aux allures de parodie, pas moins de 100 choix d’actions menant à 100 (courtes) fins différentes, toutes plus absurdes les unes que les autres. L’une d’entre elles, par exemple, amène notre personnage à mourir et se réincarner en plancton… Oui, vous avez bien lu. De quoi rire pendant un bon moment à la fin de cette histoire qui n’a pourtant rien d’une comédie. Enfin, pour ce qui est de la durée de vie, comptez une vingtaine d’heures pour aller au bout de tous les chapitres et un peu plus si vous souhaitez explorer les nombreuses fins.

Trailer

Notre critique de The 25th Ward : The Silver Case

Si les mots « surréalisme » et « dystopie » vous parlent, alors il est très probable que vous trouviez votre bonheur dans ce jeu à la fois étrange et captivant. Ce thriller dramatique mais étonnamment plein d’humour nous dévoile une histoire complexe dont il vous faudra recoller les morceaux tout en acceptant le fait qu’une bonne partie du scénario restera obscure, voire même à la limite de l’incompréhensible. Bien que le gameplay ou les énigmes à résoudre n’aient rien d’extraordinaire, on ne peut qu’applaudir le génie créatif de Suda51 et espérer que ces remakes l’inspireront à nous offrir d’autres visual novels par la suite.

Graphismes75%
Gameplay83%
Scénario100%
Ambiance Sonore98%
Durée de Vie85%
Difficulté80%
On a aimé
  • L'ambiance surréaliste entre horreur et humour
  • Les personnages complexes et leur développement
  • La profondeur du scénario
On a moins aimé
  • Pour un public de niche
  • Difficile à suivre et tout en anglais
  • Pas d'option pour sauter le texte lu
87%Note Finale

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