S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
Dessinateur : Yoshimurakana
Scénariste : Yoshimurakana
Éditeur : Ototo
Collection : Seinen
Genre : Ecchi
Public : Averti
Contenu : 213 pages
Sortie : 19 octobre 2018
Prix : 7,99€
Statut : En cours de publication

Acheter Site officiel

Résumé

« Face à une recrudescence de criminels d’un genre un peu particulier et difficiles à arrêter avec les moyens classiques, une haute autorité du gouvernement japonais a fait un pari risqué : faire sortir de l’asile carcéral l’étrange et inquiétante Kuroko Kômori initialement condamnée à mort pour avoir tué 715 personnes. Définie comme une tueuse de génie névrosée et qui ne fait pas dans la dentelle, elle pourrait bien être la solution à de nombreux problèmes si ses méthodes expéditives et ses tendances à la débauche ne venaient causer autant de problèmes qu’elle n’en règle… Et même la mignonne et volubile Hinako, son assistante toute dévouée, ne saurait la stopper dans son élan ! »

Notre critique

Si vous aimez les mangas déjantés, violents, à l’humour totalement décalé vous êtes servis ! Seinen par tous les moyens sanglants possibles, Murcielago nous invite à partager le quotidien délirant d’une tueuse qui ne prend plaisir qu’à massacrer ou à assouvir son insatiable appétit sexuel avec toutes les jolies créatures que le hasard met sur son chemin.

Le tome 1 démarre sur les chapeaux de roues et impose un rythme qui sera rarement plus calme : on démarre immédiatement avec une mission très musclée qui met en valeur l’extraordinaire talent de tueuse d’une l’héroïne que rien n’impressionne. Qu’il s’agisse d’un chef de clan mafieux, d’un homme devenu monstre de violence, de petites frappes, rien n’y fait et tous craignent et souffrent de croiser le chemin de cette grande femme aux cheveux et aux yeux aussi noirs que la mort.

Kuroko est un électron libre, elle fait mine de suivre les rares règles imposées par ceux qui ont décidé de se servir d’elle plutôt que de l’exécuter mais les oublie aussi vite que les situations l’exigent, ce qui arrive souvent. Imaginez une héroïne froide, impulsive, mais gardant une parfaite maîtrise d’elle-même en toutes circonstances, parvenant à déjouer les pièges les plus retors pour faire son job sans oublier la mise en œuvre d’un sadisme certain dans la manière dont elle tue. Trancher, découper, arracher, voilà qui est toujours plus fun pour Kuroko que de simplement tirer une balle dans la tête de ses cibles. Malgré sa longue liste de victimes, elle ne cache jamais son plaisir de torturer un rien ceux qu’elle doit éliminer avant de leur donner le coup de grâce, on pourrait même déceler un désir d’expérimentation pour repousser toujours plus loin les limites du corps humain même lorsque celui-ci est poussé à bout par une drogue, une insensibilité congénitale à la douleur etc. A ses côtés la puérile et candide Hinako est plus complice que donneuse de leçons. Si elle ne rate pas une occasion de rappeler à Kuroko que le travail l’appelle alors que celle-ci préfère traîner au lit avec une de ses conquêtes et jouer avec tous les sextoys de la terre, la petite Hinako qui est encore à l’école (et oui… étrange mais c’est ainsi) serait plutôt du genre à aggraver les dégâts lors des missions. Furie dès qu’elle est au volant de quelque engin motorisé, Hinako met les quartiers urbains à feu et en miettes tandis que Kuroko les met à sang. Autant vous dire que les conséquences succédant aux missions confiées à ce duo se révèle rapidement plus coûteux et embarrassant pour les autorités que toute autre option. C’est d’ailleurs un sujet abordé dans un chapitre du tome 2 qui nous en apprend un peu plus sur les origines de cette étrange collaboration entre la police et Kuroko. Si certains sont trop heureux de laisser agir la tueuse sans manières ni remords, d’autres hurlent contre la méthode qui consiste à supprimer un problème pour en créer une centaine d’autres ! Notons au milieu de ce groupe hétéroclite d’idées que les personnages secondaires tels que Mitsurugi ou Akeomi sont intéressants et pourraient bien jouer un rôle déterminant par la suite.

Après un chapitre d’introduction ultra-dynamique, Kuroko entame une mission qui se répartit sur les deux premiers tomes. Invitée avec d’autres tueurs professionnels dans une vaste demeure, elle doit faire face à une vengeance sans égale de la part de leur hôte pendant qu’Hinako cherche à tout prix à l’y rejoindre, ce qui arrivera à grands renforts de murs effondrés, de surprises et d’un ton comique génial. Entre deux missions, Yoshimurakana prend plaisir à décrire deux quotidiens : la quête de plaisirs d’une Kuroko sexuellement insatiable et la mésentente qu’elle provoque au sein des hautes instances de l’autorité étatique. Le contraste est aussi amusant que le manga lui-même car, et c’est là un des principaux atouts de ce titre, Murcielago mêle très habilement le sang et l’humour. Principalement véhiculé par les personnalités de Kuroko et Hinako, ce ressort comique ne quitte que rarement les pages du manga qui fait ainsi passer le côté obscure de son propos. Adieu le pathos des victimes des cibles de Kuroko, oublié le drame vécu par le vieil homme qui ne cherche que vengeance, seul le plaisir que prend l’héroïne à tuer et/ou à rencontrer et satisfaire une future conquête compte !

Le dessin de Yoshimurakana bien que parfois brouillon car plein de détails qui semblent se bousculer dans les cases, reflète une maîtrise affirmée de ce seinen très particulier qui veut mélanger les genres. Il est toujours périlleux de mettre en avant des éléments aussi opposés dans un récit mais le mangaka s’y entend. Avec ses grands yeux très expressifs et toujours cernés, sa haute silhouette assurée, ses longs cheveux noirs et sa poitrine opulente, Kuroko aurait pu être le cliché du personnage féminin qui a besoin d’aide mais c’est exactement le contraire. Elle en impose seule, fait la moue face aux gens désagréable mais affiche des sourires gavés de sous-entendus variés face à ses cibles, ses conquêtes ou ceux qui se mettraient en travers de son chemin. Manie bien trouvée par l’artiste, Kuroko penche parfois la tête à angle droit, touchant son épaule comme si elle était désarticulée ou morte-vivante, ce qui ajoute à l’énigme qu’elle représente tout en inquiétant ses adversaires ou interlocuteurs. Totalement opposé, le chara-design d’Hinako est tout mignon et joli, comme si elle s’était trompée d’univers pour tomber dans celui si sombre et sanglant de Murcielago. Ce contraste se retrouve dans les personnages secondaires, quel que soit leur statut dans le récit. L’expressivité des visages nourrit la narration avec délice, alternant entre baston, action, humour noir et comique pur. La mise en scène explosive est intense pour mieux insuffler ce rythme constant qui fait de Murcielago un excellent manga du genre. Tous les éléments de décor et les arrières plans sont suffisamment présents sans plomber la fluidité de l’action même s’ils sont moins soignés que dans d’autres seinen.

Avec Murcielago, les éditions Ototo font le pari gagnant de toucher un public friand de seinen mêlant humour noir et baston sanglante, dans la lignée de titres déjà appréciés tels que Bloody Delinquant Girl Chainsaw mais avec un style plus affirmé encore.

Notre critique des tomes 1 et 2 de Murciélago

Quand la police embauche une tueuse acharnée pour régler ses problèmes, ça fait des étincelles !

Scénario95%
Dessin94%
Edition96%
Originalité95%
Mise en scène98%
Intérêt sur la durée97%
On a aimé :
  • Rythme ultra-dynamique
  • Equilibre baston sanglante et comédie
  • Héroïne supra-déjantée
On a moins aimé :
  • Néant
96%Note Finale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.