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Dessinateur : Tsukiji Nao
Scénariste : Tsukiji Nao
Editeur : Ototo
Collection : Seinen
Genre : Seinen, policier, fantastique
Public : Tout public
Contenu : 208 pages
Sortie : 28 juin 2019
Prix : 7,99 € l’un
Statut de la série au Japon : En cours de publication

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Résumé

La vérité sur les origines de Shirô approche…

Shirô est en route vers sa terre natale. Il se cache des patrouilles mais ses efforts manquent être réduits à néant quand il constante que Kôjirô le suit. Malgré ses avertissements concernant la dangerosité de sa démarche, Shirô ne parvient pas à décourager son ami. Il le laisse donc l’accompagner sur les terres des Hazoku, lieu mystérieux où appartenir à la classe inférieure est synonyme d’enfer quand la classe moyenne offre tant de sécurité à ses habitants…

Notre critique

Cela faisait deux ans que l’on attendait cette suite de Adekan et l’éditeur Ototo nous gâte avec une sortie simultanée des tomes 10 et 11.

Les mystères entourant Shirô perdurent depuis longtemps mais le tome 10 entame un voyage qui pourrait répondre à de nombreuses questions.

Toujours aussi secret sous ses allures androgynes, Shirô est décidé à agir, retournant sur les lieux qui l’ont vu naître et fait de lui ce qu’il est. Dans les pas d’un Kôjirô aussi intrigué que lui, le lecteur découvre donc que son étrange héros à la force mystérieuse dans son corps si fin vient d’une terre et d’une peuplade maudites, les Hazoku.

Organisée en castes vivant sévèrement séparées les unes des autres, cette société semble se plaire à martyriser ses habitants. Hors norme parmi eux puisque né au sein de la lignée des Hajin, des êtres humains possédant un don unique, Shirô revient chez lui masqué. Kôjirô comprend vite que son ami est très connu parmi les siens et même pourchassé. Mais pour quelle raison ?

Il faut pas mal de pages pour qu’un semblant d’explication sorte de la bouche de Shirô et même alors celle-ci pourrait être qu’une part de la vérité. Tout le monde voudrait soit sa peau soit le capturer pour recevoir une récompense dépassant l’imagination. La raison invoquée par Shirô ne convainc pas Kôjirô. Pourtant, une chose est sûre : la vie au sein des Hazoku est effroyable.

Le tome 10 nous invite dans les bas-fonds de la grande cité habitée par les Hazoku. Peuplés des rebus de la tribu, les lieux transpirent le danger, le vice, les pires travers. Mais le chemin vers la classe moyenne passe par les portes qu’il faut franchir. Shirô et Kôjirô font la connaissance de deux « frères » ou personnes vivant ensemble pour le meilleur et pour le pire, illustrant les étranges lois de vie des Hazoku. Kôjirô apprend que seuls des hommes vivent là et que, pour espérer être accepté dans la classe moyenne, il faut payer le prix du combat.

Les hommes vont par paires et s’affrontent régulièrement. Les vainqueurs des ces combats accèdent un jour à la classe moyenne. Pour cette raison, il faut faire la paire avec un bon combattant et rien que cela motive d’autres affrontements pour prendre le « frère » d’un autre… Les péripéties sont nombreuses mais permettent à nos héros d’explorer les drames humains qui se jouent jusqu’au sein d’un duo de frères qui semble basé sur la confiance mais cache mensonges et calculs.

Dans le tome 11, Shirô et Kôjirô parviennent à entrer dans l’espace dévolu à la classe moyenne mais cette nouvelle étape impose une autre rencontre. Face à la cruauté d’une femme de la classe moyenne, les deux amis n’ont d’autre choix que de jouer selon ses règles. Exigeante, cruelle, violente, celle qui désire faire d’eux ses jouets masque mal un traumatisme ancien. Elle méprise les hommes et cherche désespérément celui qui sera le parfait époux. En vain… Sa rencontre avec la sincérité de Kôjirô pourra la sauver tandis que Shirô tentera le tout pour le tout afin d’accomplir la mission qu’il s’est fixé.

Si on apprend beaucoup de choses concernant Shirô et le monde dont il vient, on regrette la redondante structure narrative d’un tome à l’autre. Pour chaque classe traversée, une rencontre vient bouleverser la perspective de Kôjirô sur son ami et cet étrange univers. Il faut apparemment que nos héros subissent ces confrontations violentes de ressource dramatique pour avancer. Certes, cela permet d’aborder les secrets de Shirô mais manque de finesse.

Les qualités de chacun de nos deux héros sont heureusement exploitées au maximum. La force, la détermination, l’amitié proche d’un sentiment plus fort, tous deux développent leurs talents, apportent paix et/ou espoir à ces êtres franchement détraqués qu’ils croisent. Car au même titre que Anri et que Shirô lui-même, les membres du clan Hazoku paraissent tous voués à subir une vie bien triste, prisonnière d’un fonctionnement si dur que seule la cruauté permet de l’affronter.
Les parallèles et autres bous mettant en avant Anri et Rokkuchi nous éclairent aussi un peu sur leur relation. Entre haine et amour, folie et destinée tragique, ce couple affirme son étrangeté et laisse plus que tout autre personnage percevoir l’ampleur tortueuse de l’existence d’un Hajin chez les Hazoku.

Le graphisme de Tsukiji Nao sublime l’aventure peuplée de dangers de ses personnages. Comme à son habitude, l’artiste ne lésine sur aucun détail pour placer son intrigue, souligner le contraste entre les différentes strates sociales de la vie des Hazoku. De même, le chara-design insiste continuellement sur la beauté des protagonistes, les atouts de ses personnages principaux, les sentiments qu’ils laissent transparaître aux moments les plus appropriés. La mise en scène travaille à fluidifier la découverte de cet autre univers tout en gardant une bonne fluidité de lecture. La force des liens qui grandissent encore entre Shirô et Kôjirô est appuyée par une mise en cases pointilleuse. Seul bémol : tous les personnages féminins voulus d’une extrême beauté se ressemblent…

Avec ces deux nouveaux tomes, Adekan entame un périple vers la vérité de Shirô, celle qu’il n’a de cesse de cacher, ce moteur mystérieux qui, associé à un remarquable style visuel, suscite tant l’attrait pour ce manga et justifie l’attente des fans.

Notre critique des tomes 10 et 11 de Adekan
Shirô est en route pour sa terre natale, un lieu terrifiant. Il ne peut empêcher Kôjirô de le suivre mais craint qu'il ne découvre sa vérité...
Scénario80%
Dessin95%
Edition95%
Originalité90%
Mise en scène85%
Intérêt sur la durée90%
On a aimé :
  • Retrouver nos personnages fétiches
  • Révélations sur Shirô
  • Graphisme sublime
On a moins aimé :
  • Redondance scénaristique
90%Note Finale

A propos de l'auteur

Rédactrice manga de Nipponzilla. Dévoreuse manga, BD et livres en tous genre, bavarde absolue, elle s’attaque à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bon titre et qu’importe les déceptions, elle s’acharne pour vous dénicher des perles.

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