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Dessinateur : Osamu Tezuka
Scénariste : Osamu Tezuka
Éditeur : Delcourt/Tonkam
Collection : Prestige
Genre : Philosophique
Public : + 14 ans
Contenu : 808 pages
Sortie : 31 octobre 2018
Prix : 29,99€
Statut de la série : Terminée en 4 tomes

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Résumé

L’Inde est divisée en castes. Chaque personne tend à s’élever dans les castes pour avoir une meilleur vie et pouvoir ainsi atteindre l’illumination et rejoindre les dieux à leur mort. Les Brahmanes sont la caste la plus haute, ce sont des moines qui transmettent leurs enseignements aux classes militaires et aux nobles pour leur permettre de se rapprocher du divin. Cependant l’illumination n’est pas à la portée de tous et les Brahmanes attendent la venue d’un être exceptionnel, qui sera l’égal des dieux, et qui transmettra sa sagesse à tous. Pour cela, les Brahmanes envoient Naradatta, l’un des leurs, à sa recherche. Son enquête le mène à Tatta mais le jeune garçon fait partie des parias, une caste dont les membres ne sont même pas considérés comme des êtres humains. Cependant, Tatta n’est pas tout à fait comme les autres car il possède un don particulier, celui de transférer son esprit dans le corps des animaux et d’en prendre ainsi possession. Il utilise son don pour venir en aide à tous, tant animal qu’humain. C’est ainsi qu’il sauvera Chaprah et sa mère qui allait être vendue comme esclave, en entrant dans le corps d’un tigre. Mais alors que le jeune Tatta cherche juste à vivre librement, Chaprah veut s’élever dans les castes pour avoir une vie meilleure. Ce dernier deviendra alors un soldat, après avoir sauvé le général Boudhaï du Kosala, ce qui mènera les deux jeunes garçons sur des chemins séparés. Au même moment, dans le royaume de Kapilavastu, le petit prince vient de naître et cette naissance est accueillie par tous les êtres de la forêt où l’enfant est né. Les dieux eux-mêmes manifestent leur joie à l’arrivée de cet enfant qui semble être « celui que tous attendaient ». Dix ans plus tard, le prince Siddharta a bien grandi et il commence à se poser des questions sur les Hommes, la vie, la mort ou encore les castes et le destin. Cependant, le jeune prince ne connait rien de la vie en dehors de son château. Il va alors croiser la route de Tatta, devenu un homme, qui lui montrera la dure réalité de la vie. Le jeune paria espère ainsi se rapprocher du prince pour utiliser la force de son armée pour se venger du royaume du Kosala qui lui a tout pris.

Notre critique

Après L’histoire des 3 Adolf et Ayako, les éditions Delcourt/Tonkam continue la réédition des œuvres d’Osamu Tezuka, à l’occasion de son 90ème anniversaire, avec La vie de Bouddha. Cette histoire a été rééditée en 4 volumes et le 1er tome compte plus de 800 pages avec une couverture rigide en carton. Le tome est vraiment très beau mais ce conditionnement n’est pas très agréable à manipuler car il est très lourd. L’histoire en elle-même est scindée en deux parties séparées dans le temps et il aurait été plus facile de manier deux plus petits volumes de 400 pages, qui resteraient tout de même un manga de grand format. Mais même si cette « brique » est peu pratique, on peut cependant comprendre la volonté de ne faire qu’un tome car il n’y a pas beaucoup de contenu dans l’histoire. En effet, la première partie permet de mettre en place les personnages mais n’apportent pas grand-chose et il y a de nombreuses pages qui ne contiennent que peu voire pas de texte, ce qui ne permet pas d’avancer dans le récit.

Ce 1er tome nous est présenté sur 3 plans différents: la vie de Tatta, celle de Chaprah dans l’armée du Kosala et celle de Siddharta le prince de Kapilavastu. La 1ère moitié du volume raconte en parallèle la vie de ces 3 garçons d’une manière assez décousue. Nous avons quelques pages ou un chapitre sur l’un et puis nous passons, sans préambule, au suivant. Au 1er abord, il ne semble pas y avoir de lien entre les 3 récits, ce qui casse un peu le rythme du récit. Par chance, la seconde moitié prend plus de sens avec une histoire continue sur Siddharta autour duquel gravitent plusieurs personnages présentés dans la 1ère partie.

L’humour est omniprésent dans ce tome mais c’est hélas un humour au troisième degré. Il y aura par exemple une jeune fille dont son père trouve qu’elle a le teint pâle à qui on répondra que c’est normal puisque le manga est en noir et blanc. Les adeptes de ce genre d’humour seront donc ravis tout au long du tome mais ce n’était hélas pas mon cas et je trouvais que cet humour dénaturait et faisait perdre de l’intérêt à l’histoire de base qui est très intéressante. De nombreuses analogies avec notre époque, qui n’ont aucun rapport avec le récit, sont également présentes comme avec l’apparition d’un médecin sous les traits d’un praticien du XXème siècle avec sa bien connue blouse blanche, ou encore une référence à Bill Clinton ou Zinedine Zidane. De nouveau, de nombreuses informations inutiles à l’histoire, toujours basées sur cet humour décalé.

Les personnages traduisent parfaitement la signification du mot manga avec leurs traits dérisoires. Les personnages sont parfois disproportionnés avec des expressions extrêmement exagérées. Les classes sociales sont très caricaturées et nous savons en un regard à quelle caste appartient le personnage. Nous pouvons également voir la ressemblance des héros avec d’autres œuvres d’Osamu Tezuka, comme Chaprah qui ressemble à l’un des 3 Adolf ou encore Tatta et Siddharta qui, sous leurs traits d’enfant, pourrait facilement être confondu avec Astro Boy.

Les pages de ce manga comprennent parfois des cases très grandes qui peuvent prendre une page entière voire une double page. Il y a donc beaucoup de place pour des arrière-plans très détaillés. Ces décors sont très importants car il n’y a parfois pas de texte dans ces doubles pages et les fonds travaillés remplissent l’espace. Il y a également de nombreuses lignes d’expressions et de vitesse ainsi que des onomatopées qui apportent un plus à la lecture.

Notre critique du tome 1 de La Vie de Bouddha

Ce 1er volume de La Vie de Bouddha nous est présenté sous un format peu agréable mais l'histoire ne permet pas de le réduire. L'humour au 3ème degré et les analogies avec notre époque sont un peu trop présents et font perdre de l'intérêt au récit qui a pourtant un fond très intéressant. Le rythme de lecture  est assez rapide avec beaucoup de dessins détaillés, même si le trait est "grossier", et peu de texte. Malgré tous ces petits défauts, cette nouvelle réédition de l'œuvre d'Osamu Tezuka reste un bel hommage pour son 90ème anniversaire.

Scénario60%
Dessin65%
Édition60%
Originalité55%
Mise en scène55%
Intérêt sur la durée55%
On a aimé
  • Récit intéressant
On a moins aimé
  • Humour 3ème degré
  • Dessins caricaturés
55%Note Finale

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