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Dessinateur : Akihito Tsukushi
Scénariste : Akihito Tsukushi
Éditeur : Ototo
Collection : Seinen
Genre : Aventure
Public : Tout public
Contenu : 160 pages
Sortie : 18 mai 2018
Prix : 8,99€
Statut de la série : En cours de publication

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Résumé

« Au fil des derniers 1 900 ans écoulés depuis l’apparition d’une faille gigantesque dans la croûte terrestre, s’est bâtie la ville d’Orse. Nommée Abysse, cette gorge dans le sol reste un mystère pour les habitants de la cité dont seuls certains membres ont été autorisés à l’explorer, remontant des trésors antiques étranges, des récits d’aventures périlleuses et de créatures monstrueuses mangeuses d’hommes. On les appelle les Caverniers. Pour faire partie de ce groupe d’aventuriers, il faut suivre une longue formation et appendre, année après année, à passer tous les pièges déjà connus, palier après palier. Car il y a les vapeurs empoisonnées, la pression qui fait tourner la tête, les créatures dont il faut se méfier…et plus de 20 000 mètres de fond. Chaque Cavernier a un but précis : explorer toujours plus profondément, trouver les plus beaux trésors qui font vivre la cité, mais, Rico, toute jeune fille vivant dans un orphelinat, rêve surtout de trouver le secret de cette Abysse à la fois fascinante et terrifiante qui s’étend à ses pieds, de marcher sur les pas de sa mère disparue dans cet antre… Et une rencontre inattendue va lui en donner la force. »

Notre critique

Made in Abyss promet d’être un de ces mangas qui sortent du lot et réclament les lettres de noblesse de la bande dessinée.

Tout y est original, depuis le graphisme jusqu’à l’univers même né de l’imaginaire d’Akihito Tsukushi.

Il faut dire qu’à force de lire des mangas, on est un peu blasé de ces schémas qui, s’ils sont distrayants, se retrouvent inévitablement d’un titre à un autre. Avec Made in Abyss, on sent tout de suite que l’on tient enfin une petite perle rare.

Les accents d’influence classique, entendez le monde de maître Osamu Tezuka, font écho à la lecture de ce monde entre imaginaire et science-fiction, avec cette faille gigantesque peuplée de dangers et de secrets, son héroïne au grand cœur un rien naïve mais follement attachante et son nouvel ami, un robot aux allures d’enfant. Le parallèle est mineur mais il est là et, approprié de telle façon par Akihito Tsukushi que l’on ne peut douter un seul instant d’être dans un récit original.

Chaque élément de base de l’univers dans lequel se déroulera l’histoire est posé dans ce premier tome, les explications concernant l’organisation de la société dans laquelle évoluent les protagonistes, bâtie autour de l’Abysse qui est à la fois un mythe vivant dont on tire des ressources mais aussi des drames. Grignoteuse de vies humaines, la faille suscite néanmoins des vocations comme celle de Rico, influencée par sa mère, une professionnelle reconnue de la fouille des différents niveaux de l’Abysse. D’autres, tels que ses camarades d’apprentis caverniers, ont pour principal objectif d’être utiles à Orse, de vivre en travaillant etc…

Tous ces détails, des plus techniques aux plus sympathiques sont présentés au fil des pages, non sans dévoiler un plan de ce qui est connu de l’Abysse, laissant deviner que son exploration n’est pas une partie de campagne ! Et pourtant, les Caverniers doivent s’y rendre pour rapporter toutes les richesses possibles et participer ainsi à l’économie locale. Fluide et bien disposé au fil du texte et des dialogues, cette mise en place ne plombe par le déroulé des évènements, la présentation de Rico et de son petit monde. On apprend notamment que tous les Caverniers portent un sifflet de couleur différente selon le niveau auquel ils sont autorisés à descendre, objet utile en cas de danger immédiat, et que le plus convoité est le blanc, symbole des Caverniers qui peuvent explorer jusqu’aux Tréfonds de l’Abysse.

Rafraîchissante de curiosité candide, de sourires, de maladresse et de tendresse aussi, Rico est une héroïne que l’on ne peut s’empêcher de suivre, de vouloir soutenir. Ses camarades sont tels des frères et sœurs, gentiment moqueurs mais attentifs et complices. Leur chef, un adolescent plus âgé est leur premier référent, du genre qui ne sourit jamais car il semble surtout prendre au sérieux les risques que tous courent lors de leurs incursions dans la faille. Assez fidèle aux personnages de méchante adulte de Walt Disney, la directrice pense à l’évidence aux bénéfices que lui apportent chaque trésor déterré par ses pensionnaires… Le destin de Rico pourrait être tout tracé mais deux évènements viennent bouleversé le rythme tranquille de sa formation de Cavernier : un rescapé plus âgé lui rapporte le sifflet blanc de sa mère disparue, assorti d’un message lui demandant de la rejoindre au fond de la faille et d’une vérité surprenante à savoir que Rico serait née dans l’Abysse ; et la rencontre avec un robot aux allures d’enfant, qu’elle baptise Légu. Aidée de ses amis, Rico finit par déterminer que Légu, qui lui a sauvé la vie grâce à des armes incluses dans son corps pourrait être une relique d’exception des temps anciens, une aubade, égarée.

Dès lors, elle pense que son rêve peut aboutir et la voilà partie pour descendre vers les Tréfonds de l’Abysse aidée de Légu qui sera son garde du corps.
Riche de ce monde original, de sa mise en place, de ses personnages habilement présentés, d’un bon équilibre narratif n’oubliant pas le suspense, l’humour, l’action et soulignant toutes les facettes d’une Rico qui cache le chagrin de l’absence maternelle par une candeur exacerbée, ce premier tome est un ravissement.

De la même facture, le dessin insiste sur un mélange des codes du manga et une influence occidentale. Ainsi le chara-design est très manga avec des visages ronds, très doux et propres aux enfants, une expressivité au service du récit comme des personnages dont on perçoit immédiatement les émotions, se marie aux paysages dangereux, aux créatures très détaillées et terrifiantes, le tout dans des cases aux lignes proches de la caricature, jamais droites, tracées maladroitement et à main levée. L’encrage mesuré ou très profond accentue l’alternance des atmosphères changeantes, dans un ensemble résolument uniforme de gris délavés. Entre album pour enfant et récit dramatique, le graphisme réussit le pari d’imposer un style aussi original de fond que de forme, rendu doublement assuré par le choix éditorial d’Ototo qui propose le titre en format 21 x 15, des pages couleurs et une carte en début de tome.

Riche d’emblée de toute les qualités qui promettent un très grand récit initiatique en manga, Made in Abyss affronte le monde surpeuplé de la bande dessinée avec une vaillance qui force le respect et attise la curiosité du lecteur même le plus aguerri.

Notre critique du tome 1 de Made in Abyss

Rico a grandi aux bords de l'Abysse, la tête pleine de rêves et d'espoirs. A présent, aidée du robot Legu, elle y entre pour vivre sa plus grande aventure et peut-être découvrir ce qui s'y cache !

Scénario97%
Dessin96%
Edition98%
Originalité97%
Mise en scène98%
Intérêt sur la durée96%
On a aimé :
  • Débuts exemplaires d’un titre original en tous points
  • Un univers qui vous aspire
  • Des personnages bien conçus
On a moins aimé :
  • Néant
97%Note Finale

A propos de l'auteur

Rédactrice manga de Nipponzilla. Dévoreuse manga, BD et livres en tous genre, bavarde absolue, elle s’attaque à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bon titre et qu’importe les déceptions, elle s’acharne pour vous dénicher des perles.

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