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Dessinateur : Akihito Tsukushi
Scénariste : Akihito Tsukushi
Editeur : Ototo
Collection : seinen
Genre : SF, baston, aventure
Public : public averti
Site officiel : Ototo
Sortie : 12 avril 2019
Prix : 8,99
Statut de la série au Japon : en cours, adapté en animé

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Résumé

« Rico, Légu et Nanachi poursuivent leur exploration de l’Abysse bien décidés à atteindre le sixième niveau. Après avoir été témoins des horribles expériences de Bondold, les trois explorateurs se voient dans l’obligation de retourner affronter le Seigneur de l’aurore s’ils veulent pouvoir poursuivre leur périple. De plus, Rico a désormais dans l’idée de proposer à Prushka, la fille de Bondold, de les accompagner. Seulement, la puissance de leur adversaire se révèle incommensurable et ils vont devoir recourir à tous les stratagèmes possibles pour le vaincre. Un affrontement qui risque de leur réserver quelques surprises peu agréables… »

Notre critique

Que vous avais-je déjà écrit, mmmh ? Que plus on avance dans ce récit plus on plonge dans l’Abysse et ses obscures profondeurs peuplées de démons…bien sombres. Si vous en doutiez, ce tome 5 le confirme sans l’ombre d’un doute (ne vous fiez pas à sa pimpante jaquette) !
Les souvenirs de Nanachi et ses confidences avaient déjà dressés un aperçu de l’horrible personnalité de Bondold mais ce qui attend nous héros dépasse de loin nos pires craintes. Toute la monstruosité du Seigneur de l’aurore, qui ne mérite en rien son sifflet blanc tant ses agissements sont indescriptiblement odieux nous saute aux yeux et promet de plonger Rico, Légu et Nanachi dans un cauchemar sans fin.
Heureusement, Nanachi connaît les rares points faibles de son ancien tortionnaire et elle élabore un plan avec le concours de ses nouveaux compères. La participation de Légu est cruciale et comporte un risque non négligeable mais ils n’ont aucun choix. Armé de sa détermination, de la confiance de ses deux amies et de sa nature de robot, Légu devient un mini cheval de Troie qui va déstabiliser les défenses, la petite armée de Bondold et surtout sa relique personnelle, l’asservisseur psychique. Mais en retour, il va perdre conscience et se transformer en une arme qui, si elle attaque efficacement Bondold, pourrait bien tuer tout ce qui se trouve sur son passage, même Nanachi ou Rico ! Profitant de la confusion, les deux amies pensent atteindre Prushka et dans la foulée le sixième niveau. Mais un autre obstacle se présente : pour survivre à la malédiction ce nouveau niveau, pour pouvoir le traverser sans perdre son corps et son âme, Rico va avoir besoin de l’ultime protection : un sifflet blanc. C’est cette nécessité qui va nous révéler, ainsi qu’à Rico, la véritable essence des sifflets blancs. Car pour les fabriquer il faut sacrifier une vie humaine !
Même si cette vérité sort de la bouche de Bondold, le mensonge ne semble pas l’accompagner. Pourtant, Rico refuse de considérer l’échec comme une option, tout comme elle se refuse à tout sacrifice indigne ou à ne voir en Légu qu’une relique d’exception, un outil qui lui permettra d’atteindre son but final. Elle défie Bondold et sa manière d’être, cet homme devenu monstre d’apparence mais surtout de cœur, qui torture et sacrifie tout être trop faible pour se défendre à seule fin de servir ses intérêts. Alors que Légu surgit pour l’attaquer, Nanachi et Rico comprennent l’horrible réalité : dans l’atelier de transformations d’humains de Bondold, Prushka n’existe plus désormais que sous la forme d’une « cartouche » de vie destinée à prolonger indéfiniment l’existence du Seigneur de l’aurore !
Le combat est d’autant plus féroce que Légu, rendu fou de colère n’est plus lui-même. La puissance de Bondold le pousse dans ses retranchements et le soutien de Nanachi comme le courage de Rico font pencher la balance en faveur du petit robot, de justesse… Mais Bondold leur réserve un dernier calvaire…
Intense, glacial de cruauté, imaginatif dans l’horreur, ce tome 5 ne nous épargne rien et savoure son suspense jusqu’à la dernière case. Akihito Tsukushi mène le déroulement de son récit de main de maître, avec une assurance digne d’un roman mêlant terreur et fantastique, renouvelant sans cesse la densité de son univers. On peine à imaginer que les prochains seigneurs gardiens puissent être plus inquiétants et cruels que celui-ci. Bondold est un archétype de super méchant perfectionné qui réunit tous les ingrédients de ce que l’on exècre et qui fait l’opposant idéal à nos héros. Calculateur, égoïste à l’extrême, ambitieux, sadique, vidé de toute conscience ou empathie, guidé par sa seule soif de pouvoir et de contrôle de lui-même au sein de l’Abysse, il dépasse de très loin le stade du tolérable. Pour autant, Akihito Tsukushi impose une réflexion : est-il ainsi à cause de l’Abysse ? Est-il simplement devenu ce qu’il était au plus profond de lui-même au contact de l’Abysse ou bien est-ce l’Abysse qui l’a transformé à ce point ? Il est difficile d’imaginer Rico dont le cœur est à la fois généreux et trop tendre se métamorphoser de telle manière, même sous l’influence destructrice de l’Abysse…
Cette épreuve est mouvementée, elle porte un coup dur à l’esprit parfois candide de nos héros mais elle les prépare sans doute à une suite qui sera aussi, voire plus, difficile.
Le dessin du mangaka garde son authenticité unique, traduite par un choix artistique étonnant qui évoque le lavis et l’aquarelle noir et gris. Si ce style graphique resplendissait jusqu’à présent, on peut avancer une légère critique cette fois-ci car la quasi-absence de contours nets et le souci de traduire une atmosphère sombre plongée dans le noir complet pour donner une chance à nos héros, engendre un manque de définition de certains plans, notamment dans l’apparition soudaine de Bondold face à Rico et Nanachi. On distingue mal toute l’ampleur terrifiante de son apparence qui, par ailleurs et cela se dessine mieux dans les pages qui suivent, est remarquablement inquiétante. Mélange d’homme et de bête reptilienne géante, Bondold n’est pas qu’un masque inquiétant, il est une créature hybride qui combine plusieurs êtres et armes redoutables face à notre Légu qui, par contraste, semble bien petit. La victoire de nos trois protagonistes favoris n’en est que plus éclatante face à ce mastodonte. La mise en scène est un écrin idéal pour ce tome qui alterne calme avant la tempête, plongée dans les ténèbres de Bondold et combat acharné, vertigineux. Le rythme devient haletant et nous tient en otage de nos émotions jusqu’à la dernière page.

Avec ce tome 5, Made in Abyss nous entraîne dans la folie du Seigneur de l’aurore et le combat inégal d’un trio bien décidé à refuser la noirceur de l’Abysse. Du très bon seinen !!!

Notre critique du tome 5 de Made in Abyss
Rico, Nanachi et Légu n'ont pas le choix : pour avancer ils doivent vaincre le terrifiant et cruel Bondold...
Scénario95%
Dessin90%
Edition95%
Originalité95%
Mise en scène95%
Intérêt sur la durée97%
On a aimé :
  • Narration très riche
  • Equilibre révélation, suspense, baston
  • Atmosphère opressante, dessin au top!
On a moins aimé :
  • Néant
95%Note Finale

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