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Critique

Notre critique du Tome 1 de Ayako, l’enfant de la nuit

Nurci

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Dessinateur : Kubu Kurin
Scénariste : Kubu Kurin d’après Osamu Tezuka
Editeur : Delcourt-Tonkam
Collection : Seinen
Genre : Drame
Public : + 16 ans
Contenu : 176 pages
Sortie : 10 février 2021
Prix : 9,35 euros
Statut de la série : Terminée en 3 volumes

“Les Tengé sont les plus grands propriétaires terriens de Yodoyama. Quand le fils cadet, Jin, revient au pays après plusieurs années d’absence, il découvre avec effroi une situation inimaginable : son père, Gôki, couche avec la femme de son fils aîné, Kazuma. En naît Ayako, fille de l’inceste et de la honte. Kazuma ne dit rien, sachant que de sa docilité dépend son héritage, mais maltraite Ayako et Ryôko, une autre fille illégitime du père.

Le patelin lui-même est un vrai panier de crabes : l’argent, la politique et des allégeances troubles enchaînent tout le monde dans les non-dits et les secrets qui valent plus que des vies. Au centre de toutes ces sordides luttes de jalousie et de pouvoir, l’innocence d’Ayako risque bien d’être la première victime.”

Kubu Kurin s’attaque ici à un monument de Ozamu Tezuka. L’histoire qui se déroulait dans les années après guerre dans l’œuvre originale est ici transposée à l’époque actuelle.

Le lecteur découvre la situation en suivant un des enfants du pays, Jin Tengé, qui revient dans sa région natale après sept ans passés à Tokyo à faire les basses besognes pour un homme étrange.

Jin est un jeune homme très froid au premier abord. Il travaille comme homme de main. Apprenant qu’il est de Yodoyama, son chef l’envoie en mission d’espionnage là-bas. Comme couverture, il se présentera comme photographe, venu immortaliser un festival local. Réservé et intelligent, il agit prudemment. De retour dans sa famille, il tentera de mettre à l’abri sa demi-sœur sans se faire remarquer de son père et de son frère aîné. En parallèle, il enquêtera sur la situation sous sa couverture de photographe.

C’est dans une région bouleversée et en plein changement que le jeune homme revient. En effet, un projet d’autoroute de grande ampleur provoque une revente des terrains et une grande spéculation sur les prix. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à en jouer pour tenter de se faire une place au soleil.

Cependant, la situation de la région semble calme et plate à côté de ce qu’il se trame au sein de sa propre famille : chantages, secrets et mensonges sont le lot quotidien de ce clan qui vit replié sur lui-même. En effet, le père Tengé à six enfants : quatre qu’il a eu avec son épouse, dont Jin fait partie ; une fille adultérine qui vit sur le domaine et qui fait office en quelque sorte de bonne à tout faire et enfin une petite dernière qu’il a reconnue mais qui n’est pas de sa femme : Ayako.

Cette petite fille est l’enfant du patriarche et de sa belle-fille. En effet, le père Tengé a passé un marché avec son fils aîné : si ce dernier veut récupérer le domaine en héritage, il doit laisser son père avoir des relations sexuelles avec son épouse. Cette dernière s’est alors pliée à l’odieux chantage et c’est ainsi qu’Ayako vint au monde.

Le lecteur découvre la situation au travers du regard de Jin. Très vite, l’on peut se rendre compte que la mère Tengé ne semble pas s’occuper de Ayako et que cela est la tâche de Ryôko, la fille adultérine. Ayako ne semble être acceptée et appréciée que par son père. En effet, le reste de la famille soit l’ignore soit la maltraite, sa génitrice et son mari en premier. Ce dernier ne se gêne pas pour également maltraiter régulièrement Ryôko. En plus des coups, il n’hésite pas à lui rappeler qu’elle n’est qu’une bâtarde.

C’est dans cette ambiance tendue et glauque que Jin revient. D’entrée de jeu, il rappelle à Ryôko qu’il n’a pas oublié la promesse qu’il lui avait fait : l’emmener loin du village. Cependant, il se rend vite compte qu’il faudra également inclure Ayako dans l’équation.

Parallèlement à cette situation familiale hors norme, Jin mène son enquête pour comprendre le jeu des promoteurs qui tentent de racheter les terrains et d’en tirer un maximum de bénéfices pour eux. Malheureusement, quand l’homme que Jin est chargé de suivre est assassiné, la police vient mettre son nez dans l’affaire. Bien que le jeune homme n’y soit pour rien, ses liens avec son patron en font un suspect idéal.

Kubu Kurin reprend le récit de Tezuka et l’adapte à l’époque actuelle. L’histoire est prenante et haletante. L’ambiance glauque et étouffante de la maison est très bien rendue et même dans le village, l’espace paraît étriqué et inquisiteur.

Le dessin est très fin et très détaillé. Il reflète parfaitement ce vernis social trop fin qui est prêt à craquer à tout moment. Les décors regorgent de détails et sont très fins. À chaque fin de chapitre, il y a une page où il n’y a que des éléments de décors. Cela renforce encore l’impression de solitude qui règne dans ce village.

Il y a deux pages de postface où l’auteur explique comment il a travaillé l’histoire.

Le festival va commencer mais la police commence à fouiner partout. Jin se sens acculé mais ne veut pas partir sans Ryôko. Il met cette dernière au pied du mur. Quelle sera la décision de la jeune fille ?

Ayako, l'enfant de la nuit
90 Rédaction
Lecteurs 0 (0 votes)
Résumé

Kubu Kurin transpose l'immense Ayako d'Osamu Tezuka dans les temps modernes pour en livrer une réécriture pleine de subtilité et de noirceur.

Scénario90
Dessin95
Édition85
Originalité85
Mise en scène90
Intérêt sur la durée95
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Geekette assumée et grande fan de manga depuis Dragon Ball. J'ai une fâcheuse manie de lire tout ce qui me tombe sous la main, ce qui permet de faire les meilleures découvertes.

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