S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
Après avoir été retardé par les embouteillages le vendredi 6 juillet et n’avoir pas pu recevoir son prix d’honneur en direct, Naoki Urasawa est enfin arrivé à la Japan Expo pour le week-end. 
La scène principale a donc accueilli le mangaka le samedi 7 juillet, soit l’avant-dernier jour du festival. Les chanceux qui étaient sur place ont ainsi pu voir le célèbre dessinateur oeuvrer en direct : à la demande de l’animateur Stéphane Beaujean « prouvez-vous que vous êtes bien Naoki Urasawa », le célèbre mangaka s’est levé face à un support gigantesque et a dessiné, à main levée, les héros de ses mangas phares « 20th Century Boys« , « Monster« , »Pluto » et « Billy Bat« .

Il a ensuite répondu à quelques questions posées et nous a appris, entre autres :

  • Qu’enfant, il était un peu tordu (il préférait écrire une histoire triste que gaie pour le devoir de composition écrite) et se faisait reprendre par ses professeurs, plutôt inquiets. 
  • Qu’il dessine depuis qu’il a 4 ans, époque où comme beaucoup de jeunes japonais il imitait le trait d’Osamu Tezuka, et que maintenant, il sait qu’il le fera toute sa vie, pour lui, c’est devenu aussi naturel que de manger.
  • Que sa première « claque » manga fut à la lecture de « Phoenix » du Dieu Osamu Tezuka quand il avait 13 ans. 
  • Qu’il a évolué psychologiquement à travers le manga, que son regard sur le monde et les gens, que ses valeurs personnelles se sont étoffés grâce à cette littérature. 
  • Qu’il est devenu mangaka par accident il y a 30 ans. Sa première idée était basée sur le fait que les mangas qu’il préférait ne se vendaient pas très bien et que forcément, ceux qu’il dessineraient seraient également peu vendeurs compte tenu des histoires qu’il souhaitait raconter. Il était donc tiraillé entre l’idée d’avoir un job avec un revenu sûr comme éditeur et celle de tenter sa chance comme mangaka avec le risque de faibles revenus et d’une vie de misère qui allait avec… Après avoir envoyé des planches pour postuler comme éditeur et non comme auteur, on lui conseilla de tenter une participation à un concours de mangaka, ce qu’il fit ! 
  • Que ses influences en dehors de l’image sont, comme pour beaucoup d’auteurs et dessinateurs, musicales et surtout marquées par Bob Dylan. D’ailleurs, ni une ni deux, Urasawa Sensei a même entonné, guitare en main, une reprise japonaise de « North Country Girl » suivi de sa propre version de « Bob Lennon Guta Lala Suda Lala », la chanson qu’il a imaginée pour son héros de « 20th Century Boys », Kenji. Inutile d’ajouter que le public de la salle a chanté en coeur avec l’artiste ! 

 

  • Son idée pour « Monster » fut nourrie par ses influences occidentales, surtout américaines telles de la série « Le Fugitif », des thrillers sans grand succès au Japon mais qui furent pour lui une grande source d’inspiration sur cette série. C’est justement parce que le héros du « Fugitif » était un médecin faussement accusé d’avoir tué sa femme obligé de traquer le véritable meurtrier qui a fait de son héros Tenma un médecin condamné à traquer l’assassin qu’il avait sauvé. Associé à une touche très « Frankenstein », l’idée de la créature, du monstre qui échappe à son créateur lui est venue. Le choix de l’Allemagne s’est imposé car les termes médicaux en japonais sont hérités de l’allemand et que la situation sur place, jusqu’à ce que tombe le mur de Berlin, donnait un air de sombre mystère et de complot idéal comme cadre.
  • Que pour « 20th Century Boys », il venait de terminer « Happy! » et avait envie de tout autre chose, quelque chose qui ne serait pas forcément astreint au rythme hebdomadaire. Une fois détendu, une chanson lui est revenue, justement intitulée « 20th Century Boys » du groupe T-Rex, superposée à une image, une idée, celle de l’ONU, de ce que cette institution représente pour la seconde moitié du 20e siècle. Et voilà comment ça a commencé : une organisation devant lutter contre une secte, quelque chose de tentaculaire… Les questions posées par le public étant assez banales, on ne peut pas dire qu’elles nous ont appris grand chose de spectaculaire, sauf peut-être que le trait de Urasawa Sensei serait un mélange des influences de Tezuka et Moebius !

La performance chantée et jouée annonçait le show case du dimanche,15h45, pour lequel il s’est joint au groupe de rock Hemenway pour trois titres.

Un immense merci à Naoki Urasawa d’avoir accepté l’invitation en France ainsi qu’au site La Base Secrète consacré à Naoki Urasawa et superbement documenté par son créateur Alexis Orsini qui a retranscrit cette conférence à laquelle je n’ai pu assister. A tous les fans du grand mangaka, je recommande d’ailleurs l’ouvrage « Naoki Urasawa, l’air du temps » écrit par Alexis Orsini et publié par Les Humanoïdes Associés, le travail y est parfait et plus que complet !

Autres sources : YouTube, Japan Expo le site.

A propos de l'auteur

Rédactrice manga de Nipponzilla. Dévoreuse manga, BD et livres en tous genre, bavarde absolue, elle s’attaque à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bon titre et qu’importe les déceptions, elle s’acharne pour vous dénicher des perles.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.