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Éditeur : Koch Media
Développeur : Spike Chunsoft
Genre : Visual Novel
Version testée : PlayStation 4
Autre support : PC
Langue : Voix en japonais, textes en anglais
Classification : + 16 ans
Sortie en France : 21 septembre 2018
Taille d’origine : 4,42 Go
Prix moyen : 49,99€

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Introduction

En décembre 2008, un visual novel sorti sur Wii fait parler de lui au Japon suite à la note parfaite de 40/40 qu’il reçoit de la part du célèbre magazine Famitsu. Il aura néanmoins fallu attendre dix ans pour pouvoir enfin découvrir 428 : Shibuya Scramble en Europe, dans une version PlayStation 4 et PC enfin traduite en anglais.

Développé par Spike Chunsoft, ce jeu réalisé par Koichi Nakamura sous la direction de Jiro Ishii (Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors) nous entraîne dans un scénario à suspense au cœur de Shibuya, avec la particularité d’utiliser pour son récit des images en prise de vue réelle et clips vidéo filmés avec de vrais acteurs.

Une journée pas comme les autres

Tout commence un matin à 10h au célèbre carrefour de Shibuya lorsqu’une jeune fille nommée Hitomi Osawa attend, mallette en main, devant la statue de Hachiko. Mais Hitomi n’est pas la seule à attendre, puisqu’autour d’elle, plusieurs détectives surveillent les alentours. En vérité, la mallette que détient Hitomi contient l’argent de la rançon demandée par les kidnappeurs de sa sœur jumelle, qu’elle est censée remettre à cet endroit…

Dans 428 : Shibuya Scramble, le joueur suit en alternance l’histoire de plusieurs personnages. Un détective mis sur l’affaire d’enlèvement, un reporter cherchant un scoop pour sauver son patron des collecteurs de dettes, une fille coincée dans un costume de mascotte chat… Tous ces personnages ne semblent rien avoir en commun au début de l’histoire, et pourtant tous vont se retrouver mêlés d’une manière ou d’une autre à cette affaire. Affaire qui d’ailleurs se révèle vite bien plus complexe qu’une simple histoire de demande de rançon !

Au cours de l’unique journée durant laquelle se déroule toute l’histoire, on découvre peu à peu les enjeux de cette mystérieuse affaire, mais plus les choses avancent, plus les questions que l’on se pose sont nombreuses, et il faudra s’attendre à énormément de révélations et de retournements de situation inattendus ! La trame scénaristique se révèle extrêmement bien ficelée et le suspense est très fort, du début à la fin de l’histoire.

Chaque décision compte

Le jeu fonctionne sur un principe de timelines (lignes temporelles) propres à chaque personnage, et découpées en tranches d’heures. Une fois le texte d’une partie lu, vous serez libres de revenir à tout moment en arrière ou de passer d’un personnage à un autre ; une gymnastique que l’on prend assez vite et qui se révèlera cruciale pour avancer dans l’histoire.

Il vous faudra ainsi, pour chaque tranche horaire de l’histoire, aider ces protagonistes à tour de rôle à prendre les bonnes décisions pour résoudre leurs problèmes… mais également pour qu’ils ne causent pas sans le vouloir des évènements qui pourraient nuire aux autres personnages ! En effet, mêmes les décisions les plus inoffensives en apparence pourront engendrer des conséquences désastreuses pour les autres personnages de l’histoire, et vous conduire ainsi à l’une des (très) nombreuses Bad End du scénario. Et étant donné qu’il existe plus de 80 mauvaises fins différentes, cela arrivera très souvent ! Il vous faudra alors remonter dans la timeline afin de modifier la décision qui aura causé cette fin, en vous aidant si besoin des indices généreusement distribués par le jeu dans ce genre de situation.

En plus des mauvaises fins qui vous frapperont à la pelle, vous vous retrouverez parfois face à des « Keep Out » qui nécessiteront d’atteindre un certain point de l’histoire d’un autre personnage pour avancer. De cette manière, vous ne risquez jamais de vous gâcher accidentellement la surprise en allant trop loin dans l’histoire d’un protagoniste, ni de trop vous emmêler les pinceaux dans les décisions à prendre.

Malgré les nombreux obstacles, le jeu n’est pas énormément compliqué. Une fois passée une tranche d’heures, vous n’aurez plus besoin d’y revenir puisque les décisions prises dedans n’auront pas d’influence sur les événements des heures suivantes, et deviner quelle décision modifier pour arranger les choses à l’intérieur d’un fuseau horaire n’est pas difficile – du moins jusqu’à la dernière tranche d’heures du jeu, durant laquelle il vous faudra user de vos talents de déduction et essayer toutes les options, puisque vous ne disposerez plus d’indices pour vous aider !

Entre roman et live action

La particularité qui frappe tout de suite dans ce jeu est bien sûr l’aspect visuel bien particulier, puisqu’il met en scène de vrais acteurs. Le texte défilant à l’écran (en lecture automatique ou phrase par phrase) sera donc accompagné d’images fixes mettant en scène les différents personnages à travers la ville, ainsi que quelques séquences vidéo. L’idée est intéressante et elle donne un côté réaliste à l’histoire très sympathique, mais on ne peut s’empêcher de regretter qu’elle ne soit pas un peu mieux exploitée.

En effet, la première grande déception est l’absence de doublage durant la quasi-totalité du jeu. Les quelques séquences filmées sont un plus, mais elles sont beaucoup trop rares et sont presque toutes concentrées à la fin du jeu. Pour tout le reste, il faudra se contenter de photographies et de plans fixes, ce qui est d’autant plus dommage que la mise en scène ne cherchera pas forcément à être la plus réaliste possible, allant plutôt vers l’exagération et l’amusant. Le résultat est qu’on a finalement plus l’impression de regarder un drama japonais sans paroles plutôt que la réalité.

Néanmoins, l’aspect un peu excentrique de l’histoire et les petites touches délirantes – vous verrez par exemple que certaines Bad End partent totalement dans l’absurde – mettent une bonne dose d’humour dans l’histoire, ce qui n’est pas forcément une mauvaises chose. En revanche, ne pas avoir inclus de doublage reste assez dommage, et la bande-son du titre se révèle très vite affreusement pauvre et répétitive. Les effets sonores sont souvent plus dérangeants qu’autre chose et les musiques ne sont pas particulièrement marquantes, malheureusement.

L’exception est une histoire bonus qu’il est possible de débloquer sous certaines conditions après la fin du scénario principal. Cette histoire, centrée autour de l’énigmatique personnage de Canaan, se distingue du reste puisqu’elle est entièrement dessinée dans le style manga, et inclut un doublage (en japonais) et des musiques un peu plus distrayantes.

Rassembler les pièces du puzzle

En soi, 428 : Shibuya Scramble exploite plutôt bien l’aspect décisionnel des visual novels en forçant le joueur à s’impliquer dans l’histoire et dans l’affaire. Pas d’énigmes ou de puzzles à résoudre, mais il faudra par moments réfléchir à certains points de l’enquête, comme aux motivations réelles des criminels. Bien sûr, vous pouvez également essayer tout simplement toutes les options sans être jamais pénalisé, puisque revenir à un autre point de la timeline se fait sans aucun problème.

En revanche, si vous désirez aller plus loin que la simple complétion de l’histoire, le jeu offre sa part de challenge. Débloquer toutes les fins, bonnes ou mauvaises, demandera de revenir souvent sur certaines décisions, et toutes les trouver s’avèrera bien plus difficile que trouver la bonne route à suivre…

Une fois l’histoire terminée, vous aurez en outre accès à un quizz avec des questions en lien avec l’histoire qui nécessiteront une bonne mémoire ou de retrouver le passage dans lequel se trouve la réponse. En donnant la bonne réponse, vous aurez accès à de petites histoires bonus sur les personnages secondaires, mais également à des indices pour trouver d’autres histoires cachées parmi le texte du jeu. Une véritable chasse au trésor pour les plus motivés, avec également quelques messages cachés et une histoire bonus sur un autre justicier caché de Shibuya… Avec tout cela, le jeu détient une durée de vie plutôt correcte pour un visual novel.

Notre critique de 428 : Shibuya Scramble

Même si 428 : Shibuya Scramble part d’un très bon concept, il est assez dommage de ne le découvrir que dix ans plus tard, à une époque où l’on pourrait attendre beaucoup plus d’un jeu utilisant des prises réelles. Mais malgré des petits défauts, il peut se vanter de son scénario très prenant et fort en suspense, dans lequel on alterne entre les personnages pour découvrir peu à peu les mystères qui planent dans la ville et qui les lient les uns aux autres.

Graphismes95%
Gameplay85%
Scénario100%
Ambiance sonore30%
Durée de vie90%
Difficulté85%
On a aimé
  • Le scénario complexe et très prenant
  • Le découpage du récit et les décisions qui influent sur l'histoire des autres personnages
  • L'identité visuelle bien particulière
On a moins aimé
  • Pas de doublage durant l'histoire principale
  • Pas non plus de traduction en français
  • Très peu de séquences vidéo
85%Note Finale

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