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Dessinateur : Jung Sik Jun
Scénariste : Jung Sik Jun
Éditeur : Soleil
Collection : Noctambule
Genre :
Tranche de vie

Public : + 16 ans
Contenu : 154 pages
Sortie : 17 octobre 2018
Prix : 19,99€
Statut de la série : Terminée en 1 tome

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Résumé

Claire est une jeune coréenne qui vit en France avec ses parents qui tiennent un restaurant, et son petit frère. La jeune femme a un peu de mal à trouver sa place dans la société et pour s’affirmer elle se teint les cheveux en rouge, la couleur des coquelicots qui lui rappelle un tendre souvenir d’enfance avec sa mère. Un jour sa mère meurt et son père tombe dans le coma suite à un accident de voiture. Claire fait alors du rangement dans leurs affaires et se replonge dans les souvenirs qu’elle a partagés avec sa mère, quand elle tombe sur une caisse qui n’est pas comme les autres, une boite contenant un terrible secret qu’elle aurait préféré ne pas découvrir et surtout pas ainsi. Tout s’écroule pour la jeune femme et une seule chose la fait encore tenir: son petit frère. Mais l’apparition de ce carton hante Claire qui découvre qu’elle a été adoptée. Elle part alors en direction de la Corée du Sud pour essayer d’en savoir plus sur qui elle est et d’où elle vient. Aller dans son pays d’origine ne l’avait jamais effleurée auparavant car pour elle, elle était française mais une partie de sa vie venait de lui être enlevée et elle voulait à tout prix combler ce vide. Claire se rend alors dans l’agence d’adoption qui s’est occupé d’elle étant bébé et c’est là qu’elle apprend qu’elle vient d’une Baby box. Elle découvre alors ce que sont ces boites à bébé: un système créé par un pasteur américain où on peut abandonner anonymement des bébés. Claire décide d’aller voir ce qu’est cette « baby box » et de rencontrer le pasteur Isaac pour en savoir plus sur le jour où elle a été laissée dans la boite. Étrangement, le pasteur se souvient très bien de ce jour car, chose qui n’arrive jamais, la petite avait été déposée avec une enveloppe que le pasteur a conservée et qui est restée scellée jusqu’à ce jour.

Notre critique

C’est avec beaucoup d’émotions que l’on parcourt Babybox. Dès le début, on sait que le sujet va être difficile et poignant mais au fur et à mesure des pages, on se laisse entraîner par les émotions de Claire et on ne peut qu’être plus bouleversé que ce que à quoi on pouvait s’attendre.

Le thème de la recherche de ses origines est un sujet très poignant que Jung nous décrit parfaitement dans son récit. L’auteur, ayant été lui-même adopté, utilise probablement son vécu à travers le récit de Claire, ce qui rend l’histoire plus authentique et très touchante. Nous l’accompagnons dans sa recherche d’identité tout en se demandant: « Et si c’était moi? ». Le sentiment de tristesse et d’angoisse que l’on peut ressentir aux côtés de Claire quand elle ouvre la baby box est très fort et nous ne pouvons qu’imaginer ce que la jeune femme éprouve à l’idée d’avoir été abandonnée dans cette boite mais d’un autre côté, nous avons également une pensée pour sa mère biologique. Pourquoi l’a-t-elle déposée là, qu’a-t-elle ressenti à ce moment? Des milliers de questions fusent dans  notre esprit, que ce soit au sujet de Claire ou de sa mère.

Le récit est présenté comme une narration, ce qui entraîne un peu plus le lecteur dans l’histoire. En effet, nous avons l’impression d’être un invité privilégié aux côtés de Claire dans la recherche de son passé. Comme si nous étions une amie proche à qui elle confiait son secret, faute de pouvoir en parler avec sa mère décédée. La narration donne ainsi un caractère plus vivant à l’histoire, décuplant de nouveau les émotions.

Jung, malgré ce sujet très triste, tend à nous donner de l’espoir. En effet, Claire finit par rencontrer l’homme de sa vie et sans ses débuts de vie difficiles, elle n’aurait jamais pu le connaitre. On peut donc penser que derrière le malheur se cache toujours le bonheur et c’est finalement vers cet avenir plus joyeux que l’auteur nous emmène.

Babybox nous est présenté sous grand format et dans un sens de lecture classique occidental, qui est sans doute dû au fait que l’auteur a été adopté par une famille belge. Nous pouvons ainsi profiter pleinement du graphique assez particulier de l’histoire. Les personnages sont parfois assez caricaturés montrant bien en quelques coups de crayon la nationalité de la personne. Parfois le trait est plus fin et détaillé et à d’autres moments nous avons l’impression de voir une aquarelle. Beaucoup de styles se mélangent et nous pouvons quelque fois être déroutés, mais toutes ces associations donnent de la texture aux dessins, ce qui les rend très réalistes. Nous avons d’ailleurs l’impression de voir un reportage photo de scène de la vie de tous les jours plutôt qu’un dessin. La touche de rouge omniprésente ci et là peuvent d’ailleurs faire penser à de vieilles photos en noir et blanc où l’on mettait du rouge sur certaine partie comme sur les lèvres d’un portrait. Ce rouge en fil conducteur fait également penser au fil du destin qui est rouge dans les traditions orientales. Il fait référence au destin de Claire qui a été perturbé dès la naissance ou encore le fil rouge de l’amour qui a fini par la conduire à l’homme de sa vie.

Les cases sont très épurées et il peut parfois y avoir une page entièrement noire avec juste quelques lignes reflétant la pensée de Claire. Le récit se lit dès lors très rapidement car il y a peu de texte. Cependant, cela n’est pas dérangeant car nous avons l’impression que le temps est suspendu, qu’il s’est arrêté quand Claire a découvert son adoption. Ce rythme assez lent permet de ressentir toutes les émotions du récit et de se laisser envahir par elles.

Les arrière-plans peuvent être très travaillés ou au contraire donner une impression d’avoir été fait à la va vite. Cela dépend sur quoi l’auteur essaie d’attirer notre attention. Les décors deviennent ainsi une aide à la lecture pour se focaliser sur un sujet ou un autre. De nombreux gros plans sont présentés sur les visages des personnages et plus particulièrement sur les yeux de Claire. Nous pouvons ainsi ressentir parfaitement ses sentiments en un regard dans le sien.

Trailer

Notre critique de Babybox

En conclusion, Babybox, dans son écrin cartonné aux pages glacées, nous offre un chef d'œuvre sous le signe de l'émotion. Une histoire bouleversante qui suscite milles questions tout au long du récit pour finir sur une note d'espoir. Jung nous entraîne sur un grand huit d'émotions avec Babybox et ses dessins très vivants.

Scénario95%
Dessin97%
Édition95%
Originalité92%
Mise en scène95%
Intérêt sur la durée100%
On a aimé
  • Émotions
  • Sujets difficiles de l'abandon et de l'adoption
  • Dessins très réalistes
On a moins aimé
  • Néant
96%Note Finale

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