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Dessinateur : Unohana
Scénariste : Unohana
Éditeur : Taifu Comics
Collection : Yaoi
Genre : Romance
Public : Averti
Contenu : 210 pages
Sortie : 27 septembre 2018
Prix : 8,99€
Statut de la série : Terminée en 1 tome

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Résumé

« Tokyo, 1948. Cela fait deux ans qu’Aoi attend le retour de son ami d’enfance Takahiko. Mobilisé sur le front, Takahiko ne lui a laissé que de vagues promesses, le souvenir d’un jeune homme qui se moquait de tout au point d’avoir été renié par sa famille et avec lequel il a passé une nuit d’abandon total la veille de son départ. Aoi l’a toujours accepté comme il était, rattrapant ses bêtises quand il le pouvait, le protégeant autant que possible, oubliant jusqu’à la perspective de le perdre lors de cette fameuse dernière nuit passée ensemble. Alors que l’espoir que Takahiko ait survécu le quittait douloureusement, Aoi le voit débarquer un soir et lui avouer qu’il était bel et bien en sécurité depuis la fin du conflit ! Fou de colère, Aoi le frappe sans ménagement et lui interdit de revenir le voir. Pourtant, comme autrefois, Takahiko parvient à se frayer un chemin vers son cœur, tente de reprendre leur amitié là ils l’avaient laissée avant le départ pour le front, avant cette nuit inoubliable… Mais Aoi veut savoir pourquoi Takahiko l’a laissé dans l’ignorance pendant deux ans ! »

Notre critique

Annoncé comme une plongée dans le Japon d’après-guerre, Ginza Neon Paradise n’est pas exactement ce que l’on pouvait attendre si on pensait à une mise en relief des préjugés vis-à-vis de l’homosexualité dans le Japon des années 50. Si les allusions sont nombreuses au contexte particulier que fut l’occupation américaine, ce n’est pas pour s’ajouter à la complexité des liens qui unissent les deux personnages principaux. Heureusement, la romance rattrape cette légère déception.

Aoi est un intellectuel qui a eu la chance d’échapper à la mobilisation grâce à son statut d’étudiant. Souhaitant depuis toujours devenir professeur d’anglais, il a enduré les moqueries, les insultes et les coups lorsqu’il était jeune, ne serait-ce que parce qu’il étudiait la langue ennemie. Il pouvait alors compter sur Takahiko, bagarreur sans complexe qui le défendait toujours, l’encourageait dans ses choix et se moquait éperdument du jugement d’autrui. On comprend au fil des pages que Takahiko ressemble à un oiseau libre de tout : il se fichait des reproches de sa famille, du rejet de son père, des railleries publiques, seul le regard d’Aoi lui a toujours importé. Aoi admirait sa liberté et la lui reprochait tout en même temps. Sans doute ces deux-là se sont-ils toujours aimé, acceptant tout de l’autre et ne se souciant avant tout que l’un de l’autre, même dans le secret de leurs pensées.

On découvre la force de leur relation alors que les flash-backs jouent avec le présent, qu’Aoi endure un quotidien d’abord privé de Takahiko et angoissé à l’idée qu’il soit mort. Il n’a que son travail d’interprète auprès des forces d’occupation pour le soutenir, emploi qui lui vaut autant de reproches que par le passé, mais qu’il aime vraiment. Il en tire une certaine assurance car nombre de ses compatriotes ne se sentent pas en sécurité entourés qu’ils sont par ces étrangers qui semblent se croire tout permis. Lorsque Takahiko revient dans sa vie, un flot confus d’émotions surgissent : soulagement, bonheur aussitôt remplacé par la colère. Pourquoi a-t-il souffert deux ans durant dans l’incertitude alors que son ami, son amant d’une nuit, était bien en vie et aurait pu le prévenir ? Les réponses tarderont à venir. Takahiko n’est pas le genre à se confier, il joue les durs, il reprend ses mauvaises habitudes comme un masque pour mieux cacher son traumatisme. Soldat envoyé au front, il a tout enduré avec l’espoir de survivre et de rentrer. C’est en tenant une promesse qu’il a rencontré celle qui lui a offert une seconde vie. Mais pour gagner cette chance et se montrer digne d’Aoi, il a choisi d’attendre, de faire en sorte que son ami soit fier de lui, enfin.

Si leurs retrouvailles font plaisir à lire, on aime surtout la jolie construction de ces personnages qui ne sont pas aussi simples qu’on pouvait le craindre. Laissant le contexte d’après-guerre en arrière-plan, ce sont ces deux protagonistes qui nourrissent la qualité d’une narration que l’on a plaisir à suivre.

Le trait d’Unohana est particulier mais sait jouer sur les sentiments peints avec adresse sur les visages de ses héros. Alliant émotionnel et humour, le chara-design évite de peu le cliché pour mettre en valeur une relation en dents de scie, malmenée par les souvenirs et les espoirs. Le détail des vêtements, les décors urbains extérieurs et intérieurs mettent l’accent sur une époque de reconstruction difficile pour le Japon.

Ginza Neon Paradise présente une histoire d’amour forte portée par des personnages complexes emportés malgré eux dans les troubles de la guerre et surtout de ses conséquences tant intimes que nationales.

Notre critique de Ginza Neon Paradise

Aoi pensait que Takahiko était mort au front alors quand ce dernier revient plus de deux ans après la fin de la guerre, il est furieux! Pourquoi son ami d'enfance, son amour de toujours l'a-t-il laissé sans nouvelles?

Scénario96%
Dessin89%
Edition95%
Originalité85%
Mise en scène92%
On a aimé :
  • Personnages bien construits et attachants
  • Contexte original
  • Relation complexe
On a moins aimé :
  • Néant
91%Note Finale

A propos de l'auteur

Rédactrice manga de Nipponzilla. Dévoreuse manga, BD et livres en tous genre, bavarde absolue, elle s’attaque à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un bon titre et qu’importe les déceptions, elle s’acharne pour vous dénicher des perles.

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