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Dessinateur : Rensuke OSHIKIRI
Scénariste : Rensuke OSHIKIRI
Éditeur : Omake Books
Collection : Josei
Genre : Suspense, Drame
Public : + 14 ans
Contenu : 350 pages/tome
Sortie : 13 juin 2019 (t1),
5 septembre 2019 (t2)

Prix : 12,99€/tome
Statut de la série : Terminée en 2 tomes
 

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Résumé

Nozaki Haruka est en troisième année. Récemment arrivée au Collège d’Ootsuma, qui s’apprête à fermer ses portes, Haruka va subir un harcèlement terrible de la part de quelques camarades de classe, qui restent encore dans l’école. Ootsuma est un coin paumé, où il n’y a rien à faire pour les jeunes. Haruka va quand même se lier d’amitié avec Aiba Mitsuru, passionné de photographie et camarade de classe de la jeune fille. Le harcèlement sont est victime Haruka va atteindre un point de non-retour et le chaos va s’abattre sur ce coin calme oµ rien n’arrive jamais.

Notre critique

D’emblée, ce manga est difficile à lire et choque : de par son thème, le harcèlement scolaire, mais aussi à cause de l’attachement que l’on porte à l’héroïne et à sa petite sœur. De plus, chaque personne impliquée à ses propres raisons d’agir de la sorte, et cela dérange beaucoup. Le thème est fort actuel, et ce, peu importe le pays. Les dérives aussi, poussant certaines victimes au suicide, ou alors à devenir harceleur à son tour. Dans cette œuvre, on voit le côté de Haruka, mais aussi la personnalité de ses bourreaux. Pourquoi ils sont devenus ce qu’ils sont, mais aussi leurs espoirs et la violence qui les habite. Les manœuvres des camarades d’Haruka pour faire de sa vie un enfer sont très réalistes et très violentes. Rien ne les arrête et la tension monte crescendo : vol de chaussures, blessures, menaces… jusqu’à ce que la limite soit dépassée : l’incendie de la maison de la jeune fille. Ses camarades veulent sa mort, surtout l’une d’entre eux, et ne le cachent pas. Après, c’est le chaos au sein de la communauté d’Ootsuma, lieu calme et morne en temps normal : certains adolescents disparaissent, découverte de cadavres et certains « pètent un câble » et deviennent fous. La vie à Ootsuma est en vase clos, il n’y pas de café, pas de salle d’arcades. Et chacun à sa propre souffrance. Chacun vit dans un monde où il est la victime d’un autre… ou un bourreau. Haruka est devenue, à son insu, une sorte de défouloir pour tous, mais également la goutte d’eau qui a fait déborder le vase…

En plus d’Haruka, victime de harcèlement, mais qui va décider de ne plus se laisser faire, et qui ira même jusqu’à se venger, on a Aiba Mitsuru, une des rares personnes à prendre sa défense au collège. Ce garçon est passionné par la photographie et il sauvera la petite Shôko lors de l’incendie de sa maison. Mais il porte un lourd secret en lui : sa mère l’a confié à sa grand-mère, car elle ne supporte plus de vivre avec lui. Sous ses airs d’ange, Aiba cache une personnalité violente, qui ne supporte pas l’abandon…Oguro Taeko est la leader des élèves qui restent encore au collège. Elle est à l’origine des brimades subies par Haruka. Pourtant, à l’arrivée de la jeune fille, Taeko s’est liée d’une forme d’amitié avec elle. Mais revirement de situation : l’envie et la jalousie ont fait leur chemin dans le cœur de Taeko. Sayama Rumi est également une camarade de classe de Haruka. Elle était la victime des autres élèves, avant qu’elle ne soit visée. Cette dernière, avec tout ce qu’elle a subit comme humiliations et douleurs, devient folle et finit par se transforme en bourreau. Elle n’a plus aucune limite ! Ce petit microcosme est sous la surveillance du professeure Minami Kyôko. Hélas, cette dernière ayant été brimée durant son adolescence, ne sait intervenir comme elle le devrait : elle est encore traumatisée. Et enfin, il y a la petite Shôko, petite sœur d’Haruka et victime innocente des dérapages des élèves du collège. Très gravement brûlée, elle ne doit la vie que parce que son père a tenté de la protéger des flammes. Depuis, elle est entre la vie et la mort… Et les grands absents, mais pas innocents, les parents de ces adolescents-bourreaux : ceux-ci refusent de reconnaître la vraie personnalité de leur progéniture, ils refusent de les voir tels qu’ils sont : des êtres mal élevés, impolis et violent, qui ne respectent rien, ni personnes. Entre alcool, chômage et violence, eux-mêmes ne sont plus capables de s’occuper d’eux.

Tous ces personnages ont un lourd passé et quand on y ajoute un univers clos, comme une petite ville où il n’y a rien à faire, et en prime des chutes de neige qui paralysent tout, la tension atteint son paroxysme. Le chaos arrive et sème la mort. La machine est en marche et le point de non-retour est atteint : plus rien n’empêchera les victimes et les bourreaux de s’affronter, plus rien n’arrêtera la folie, contenue depuis trop longtemps, de se déverser.

C’est un scénario difficile, rien n’est caché au lecteur, et où tout n’est ni tout blanc, ni tout noir. C’est une critique de la société ô combien réaliste que nous donne à lire Oshikiri Rensuke. Le dessin est à la hauteur du scénario : le trait est de qualité, sombre et violent. Les personnages portent sur leur visage leur vraie personnalité : certains sont vraiment laids, comme leur cœur. L’accent est également mis sur les paysages enneigés, qui ont une très grande place dans cette histoire. La neige tombe du ciel et recouvre les bois et les maisons de son blanc manteau, ce qui accentue l’isolement de la région, et de ses habitants. Comme les victimes de harcèlement se sentent seules face à leurs bourreaux. Les deux jaquettes sont sur fond blanc, comme la neige, et représentent Haruka en larmes, tenant entre ses mains le cadeau offert par Shôko. La blancheur immaculée de la neige est éclaboussée par le rouge du sang…

Notre critique des tomes 1 et 2 de Le perce neige

En résumé, une série qui aborde un thème difficile mais dont l’objectif est atteint : remuer les tripes au maximum. Elle nous pousse à nous interroger sur le harcèlement et ses dérives. A ne pas mettre entre toutes les mains : il faut une certaine maturité et plusieurs lectures pour en comprendre tous les tenants et aboutissants.

Scénario90%
Dessin90%
Édition90%
Originalité90%
Mise en scène90%
Intérêt sur la durée95%
On a aimé
  • Un récit dur et poignant
  • Des personnages à la psychologie bien travaillée
On a moins aimé
  • Fort violent
90%Note Finale

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