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Dessinateur : Akihito Tsukushi
Scénariste : Akihito Tsukushi
Éditeur : Ototo
Collection : Seinen
Genre : Science-Fiction
Public : Tout public
Site officiel : non
Sortie : 21 septembre 2018
Prix : 8,99€
Statut : En cours de publication

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Résumé

« Après avoir rencontré Ozen, le gardien du 2e niveau de l’Abysse, Lisa et Legu doivent se soumettre à un entraînement sévère afin d’assurer leur survie lorsqu’ils reprendront la descente dans les entrailles du gouffre. Une fois ce rude exercice qui exige d’eux une parfaite entente en tant qu’équipe accompli, ils se dirigent vers le 3e niveau et sont heureux de constater les bienfaits de cet entraînement qui leur permet de poursuivre leur route. Mais l’entrée au 4e niveau se profile et de terribles dangers les guettent… A peine ont-ils faits leurs premiers pas dans ce nouvel environnement que les problèmes surgissent les uns après les autres jusqu’à ce que Lisa se retrouve en danger de mort imminente ! »

Notre critique

On en avait déjà eu le sentiment à la lecture du tome précédent mais ce tome 3 nous plonge véritablement dans le secret obscure des entrailles du gouffre maudit ! Terminées les fausses impressions de beauté, d’animaux rares et splendides, de trésors enfouis qui collaient à la peau de la candide Lisa et émerveillaient le lecteur, l’horreur et le danger omniprésents s’installent durablement dans Made in Abyss.

Bien que les premières pages nous montrent un duo remis de ses émotions face au mutique et peu avenant seigneur Ozen et que l’humour de leur séjour à ses côtés soit agréable, les problèmes reviennent au galop et avec eux la peur pour nos deux héros.

L’entraînement imposé par Ozen, lequel qui nous est heureusement épargné grâce à la sympathique initiative scénaristique évitant ce passage presque obligatoire de tout manga d’aventure ou de baston, résumé en quelques dialogues et cases bien segmentés, aurait pu préparer Rico et Legu à ce pire qui les attend. Pourtant, les appréhensions d’Ozen se justifient à peine le confort de son antre laissé en arrière. Si les premiers jours des suites du périple descendant paraissent aisés pour Rico et Legu qui, effectivement, s’en sortent bien entre les plantes toxiques, le mal de l’Abysse et autres animaux carnivores, le cauchemar surgit et, en une fraction de secondes, le sort de Rico semble scellé. Désemparé, Legu tente ce qu’il peut pour la sauver mais ne fait qu’aggraver dramatiquement son état et ses souffrances. La détermination de la gentille et insouciante Rico est stupéfiante, elle montre qu’elle est prête à tout endurer pour accomplir son rêve, revoir sa mère et atteindre le secret des Tréfonds de l’Abysse. Mais Legu n’a pas cette assurance et malgré les avertissements d’Ozen, il reste impuissant à sauver son amie.

Un nouveau personnage entre alors en scène, sauveur mais exigeant. Mi-humain mi-animal, Nanachi est une ombre de l’Abysse, un être humain qui a été maudit mais qui a survécu. De fait, Nanachi connaît des remèdes qui peuvent sauver Rico. Legu accepte toutes ses conditions et court au-devant de nombreux autres dangers pour l’aider. Bien que Nanachi soit d’abord présentée comme facétieuse, semblant aimer taquiner Legu, elle soigne Rico et lui sauve la vie. Elle prend même le temps d’expliquer à Legu comment fonctionne le champ de force qui protège l’Abysse mais maudit tous les êtres de l’extérieur. Ce faisant, elle donne à Legu les moyens de comprendre comment éviter ou combattre la malédiction de l’Abysse. Mais on découvre que Nanachi porte un lourd secret et un fardeau plus pesant encore : autrefois, elle était une petite fille qui, avec son amie Meethi, a participé à une expérience dirigée par un autre seigneur gardien, Bondold. Etudiant la malédiction du 6e niveau dont les effets sont la mort et la perte d’humanité, Bondold a sciemment exposé Nanachi et Meethi à la malédiction. Le résultat fut terrible : tandis que Nanachi se transformait pour moitié en animal, le corps de Meethi fut liquéfié, broyé, arrachant des hurlements de douleurs à la fillette qui a malgré tout survécu pour devenir un être informe incapable de parler, de manger et de mourir. Ne supportant pas de voir son amie dans cet état, Nanachi a alors fui avec elle et se cache depuis, cherchant un moyen de délivrer Meethi de la malédiction. Sans espoir, elle espère que Legu pourra l’aider en échange de ce qu’elle fait pour Rico.

Ainsi que l’avait prédit Ozen, le voyage de Rico et Legu se transforme peu à peu en cauchemar et le lecteur ne peut que constater que l’Abysse, quel qu’il soit, ne recèle pas grand-chose de merveilleux. Le passionné de récit horrifiques verra un lointain emprunt à l’univers terrifiant de Lovecraft dont la noirceur masquée sous des sourires édentées et des voiles d’ombres sourit au voyageur égaré et inconscient pour mieux le dévorer.

Si l’état de Rico ne laisse guère de place à son personnage dans ce tome en dehors de la mise en valeur de son extraordinaire détermination, on apprécie la profondeur des personnages secondaires et tragiques que sont Nanachi et Meethi. De même, Legu, livré à lui-même sans Rico, apprend à faire confiance à autrui, à accepter de l’aide, à combattre seul et comprend la douleur comme le chagrin bien qu’il soit un robot. Pour autant, le mystère qui l’entoure demeure et ce ne sont pas les bribes de ses souvenirs semés ici ou là qui nous éclairent !

Sur ce scénario prenant, riche en rebondissements, qui noircit de plus en plus le récit, le dessin achève de sublimer un tout surprenant de richesse et d’audace. Le chara-design de Nanachi et Meethi contraste avec la tragédie de leur existence. Le flash-back de leur propre expérience dans l’Abysse est aussi noir d’encre que de mots, insistant sur l’horreur de ce qui leur fut infligé et sur la cruauté d’un être plus inquiétant qu’Ozen. Rien ne fait défaut au graphisme toujours plus soigné d’Akihito Tsukushi qui marie des personnages très expressifs, des monstres effrayants, des décors merveilleux et traîtres, des scènes d’action millimétrées, un humour attendrissant et des drames déchirants.

Le tome 4 sera à n’en pas douter plus poignant encore d’autant que la rencontre de nos deux héros avec le terrifiant et cruel Bondold ne saurait tarder…

Notre critique du tome 3 de Made in Abyss
Rico et Legu reprennent leur route mais des dangers sans précédents les rattrapent, frappant Rico qui se retrouve aux portes de la mort...
Scénario99%
Dessin97%
Edition98%
Originalité99%
Mise en scène98%
Intérêt sur la durée97%
On a aimé :
  • Récit haletant, sombre au suspense garanti
  • Histoire plus sombre encore avec des révélations
  • Personnages secondaires bien conçus
On a moins aimé :
  • Néant
98%Note Finale

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