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Parmi les artistes présents sur le stand de H2T lors de l’édition 2019 de Japan Expo se trouvait Kira Yukishiro, une mangaka d’un grand talent venue promouvoir Scarlet Soul : un shôjo bien éloigné des thèmes abordés habituellement par le genre puisqu’il est question d’exorcisme.

Avant d’être repérée en 2017 par les éditions H2T et de devenir mangaka, que faisiez-vous dans la vie ?

Je faisais des études d’art, et je tentais de devenir mangaka.

Parmi les mangakas qui vous ont influencé figure Hideaki Sorachi, l’auteur de Gintama, et cela se ressent vraiment lors des gags où vous utilisez un humour assez loufoque. Mais pour ce qui est des dessins, y a-t-il un auteur qui est pour vous une grande source d’inspiration ? Votre style graphique très détaillé est assez atypique pour un shôjo.

J’ai surtout été influencée par Arina Tanemura (The Gentlemen’s Alliance Cross) et Akira Himekawa (The Legend of Zelda : Twilight Princess). Et d’ailleurs, l’idée des temples et des oracles me vient en partie de Zelda.

N’est-ce pas trop difficile de combiner humour et moments plus sérieux ?

Cela dépend, c’est plus ou moins au cas par cas. Cela dépend des scènes et du contexte. Les scènes humoristiques me servent à articuler les scènes sérieuses entre elles, et cela permet d’alléger un peu le propos.

Avec Scarlet Soul, vous essayez de faire passer un message de tolérance en expliquant clairement qu’il y a des êtres mauvais parmi les humains, et qu’il est tout à fait normal qu’il y ait des êtres bons parmi les Sherahtan. D’où vous est venu cette envie d’aborder ce sujet ? Est-ce dû à un constat face à la société dans laquelle vous vivons ? Et au fond de vous, espérez-vous que cela permettra de rendre vos lecteurs plus tolérants ?

La tolérance est un problème au niveau du contexte historique. Finalement, mon but est de faire comprendre aux gens que le bien et le mal est partout, et qu’il ne faut pas aborder les choses de manière manichéenne. Quelque-chose de présenté de prime abord comme démoniaque mérite de s’y intéresser en profondeur pour voir qu’il n’y a pas de raison de diaboliser outre mesure certaines choses. Il faut juste s’y intéresser.

Souvent lorsqu’il est question d’exorcisme, c’est représenté par un homme. Nous pouvons donc dire que c’est un thème assez masculin. D’un certain côté, avez-vous voulu montrer qu’il est tout à fait possible que des femmes prennent la tête d’une organisation aussi codifiée que l’exorcisme.

Le message est simple : les filles peuvent détruire le monde si elles le veulent ! Donc c’était vraiment ce message.

Et justement, pourquoi avoir décidé de traiter le thème de l’exorcisme ?

Je m’intéresse à tout ce qui est cultes, prêtes, prêtresses, etc. Dans les aspects de la société qui peuvent être diabolisés, il y a parfois au fond une forme de lumière sacrée qu’on doit tenter d’aller chercher, et c’est justement le rôle des exorcistes. Je considère qu’il faut ouvrir la voix et apporter la lumière dans les temps d’obscurantisme avancé.

Maintenant que vous êtes devenue une mangaka professionnelle, avez-vous déjà en tête la thématique que vous aborderez dans votre prochain manga ? Parce qu’il est déjà prévu que la série ne comptera que 4 tomes, et donc vous devez surement avoir déjà pensé à l’après Scarlet Soul.

Tout à fait. Ce que je peux dire, c’est que cela mettra en scène une équipe de 5 personnages qui devra affronter leur présent… et leur passé en même temps ! Une chose comme ça.

N’auriez-vous pas été une nouvelle fois influencée par Zelda ? Et plus particulièrement par Ocarina of Time ?!?

Ahahaha !!! Ocarina of Time est mon épisode favoris de The Legend of Zelda.

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