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Invité à la 20ème édition de Japan Expo dans le cadre de la promotion de Flare Zero, une série en 2 tomes disponible chez H2T, Salvatore Nives est revenu sur son parcours de mangaka le temps d’une interview accordée à l’équipe de Nipponzilla.

Comment avez-vous été amené à faire la rencontre des éditions H2T ? Est-ce vous qui avez fait le premier pas ? Et quel sentiment avez-vous ressenti en apprenant que le projet « Flare » allait devenir une série publiée sur le marché français ?

Suite aux très bons résultats rencontrés par mes œuvres en Italie, les éditions H2T m’ont contacté, et ça m’a fait très plaisir de pouvoir travailler en France sur le projet « Flare » parce que c’est un projet que j’avais en tête depuis longtemps. Une quinzaine d’années environ. D’autant plus que j’avais réalisé un dossier pour proposer la publication de Flare Zero et qu’il a fait le tour de l’Europe, mais malheureusement, aucun éditeur ne s’était montré intéressé par mon projet.

Avez-vous lu certains mangas français ?

J’ai lu Radiant. Je le suis en Italie. Mais aussi Dreamland que je connais depuis longtemps. Par contre, lui n’est disponible qu’en français pour l’instant. Je connais également certains titres qui étaient prépubliés dans un magazine, le Shogun Mag, qui était un magazine de créations originales dirigé par Guillaume Dorison dans lequel il y avait différents auteurs, dont un auteur italien que je connais bien. Puis il y a aussi Horion, bien sûr, que j’ai découvert récemment.

Vous avez déclaré que Takehiko Inoue et Naoki Urasawa sont pour vous des sources d’inspiration. Avez-vous essayé d’insuffler certains éléments de leurs œuvres dans vos mangas, et si oui, de quelle manière ? Par exemple en tentant d’avoir un scénario aussi bien ficelé que Monster et en essayant sans cesse de perfectionner votre coup de crayon afin de rendre hommage à Vagabond ?

Au début, lorsque j’ai commencé à me mettre au manga, j’ai véritablement tenté de rendre presque à l’identique le trait de Takehiko Inoue, et après je m’en suis détaché un peu. Je ne m’en suis pas inspiré uniquement d’un point de vue graphique, parce que dans les dessins j’ai effectué un vrai travail sur les visages et les expressions. Je voulais quelque-chose de puissant, de vraiment profond. Mais pour ce qui est de l’histoire, de la gestion du temps et de la temporalité, je suis parvenu à saisir la manière dont Inoue parvient à raconter son histoire sur la longueur. Il y a des moments où le temps est véritablement suspendu. C’est ce type de narration que j’ai tenté de reproduire jusqu’à apprivoiser ces codes là. Finalement il n’y a pas que le dessin de Takehiko Inoue qui m’a inspiré, il y a l’histoire aussi. Et pour Naoki Urasawa, on est là sur un traitement vraiment plus cinématographique. J’ai essayé de prendre les cadrages qu’il utilise… le rendu graphique, la mise en scène à proprement parler. Mais aussi au niveau de l’histoire et l’enchevêtrement des événements. La manière dont les événements rentrent les uns dans les autres et créent ce tout qui est toujours cohérent.

Dans Flare Zero, les événements s’enchaînent très rapidement. Pourquoi avoir opté pour un rythme aussi soutenu ?

Flare Zero a été pensé dès le départ comme un préquel d’une série plus vaste, et c’est pour ça que la narration est assez dense et que le rythme est aussi soutenu. La série s’achèvera en janvier 2020 avec la sortie du tome 2. C’est une petite série en 2 volumes qui se concentre sur les personnages de Draco et Aurora. Mais s’il n’est pas indiqué à la fin du tome 1 que le tome 2 sera le dernier volume, c’est parce que je m’étais posé une question… l’enchainement des événements était d’une telle intensité que je m’étais demandé s’il n’aurait pas été plus intéressant de sortir Flare Zero en 3 tomes. Justement parce que c’est fort dense. Mais la fin du tome 1 avait imposé un rythme tel que j’ai préféré garder le même rythme pour le tome 2, et donc le dénouement aura lieu dans le prochain volume.

Le principe de la porte fait référence à certains mangas qui vous tiennent à cœur ? Parce que les explications sur son fonctionnement rappellent légèrement Hunter x Hunter, et la possibilité de franchir la porte en échange de quelque-chose fait vraiment penser à l’échange équivalent de Fullmetal Alchemist, et justement une porte y est également présente.

Le principe de la porte ne fait référence à aucun manga. En fait, à l’origine, cela a été pensé vraiment comme une métaphore pure du fait que Draco, tel qu’il est présenté, pour pouvoir aller de l’avant doit être capable de fermer la porte sur son passé. C’est vraiment ce côté « Je suis capable d’être en paix avec ce qui s’est passé derrière moi, je referme la porte, et j’avance ». Par la suite, j’ai décidé de lui donner un côté un peu plus shônen avec le lien qui relie cette porte là et la maitrise de son pouvoir. Il n’y a pas véritablement d’échange équivalent comme dans Fullmetal Alchemist, c’est vraiment une étape de fermeture pour passer à autre-chose, et ensuite le contrôle du pouvoir qui en découlera.

En plus d’avoir travaillé avec une maison d’édition française, vous avez collaboré avec un éditeur japonais, et cela a donné naissance à deux mangas : Atena-Cavaliere Errant et Pizza King. Quelle est l’œuvre dont vous êtes le plus fier ?

C’est très difficile de comparer parce qu’elles n’ont pas la même destination, et pas la même durée : Atena-Cavaliere Errant fait 50 pages et Pizza King fait 36 pages, et donc je suis lié à ces trois œuvres, autant les unes que les autres. J’y ai mis beaucoup de moi même dans chacune d’entre-elles. Il n’y a donc pas vraiment de hiérarchie dedans. Mais Flare Zero est quand même la série qui me tient le plus à cœur, si je devais vraiment en choisir une, parce que ça fait longtemps que je suis sur ce projet et que j’y pense. Et sur les deux séries courtes qui restent, Atena-Cavaliere Errant a aussi une place particulière dans mon cœur parce que c’est un one-shot historique se basant sur un personnage qui a réellement existé en Italie : la première femme chevalier dans l’histoire italienne.

En débutant des études d’architecte, aviez-vous imaginé que cela pourrait un jour vous amener à devenir mangaka professionnel, à remporter des compétitions comme la Lucca Project Contest, et à être invité par votre éditeur à un festival d’une telle ampleur que la 20ème édition de Japan Expo ?

Je pouvais peut-être anticiper sur certaines choses, mais non, il y a énormément d’éléments imprévisibles qui ont créés de belles coïncidences que je n’aurais jamais imaginé.

A propos de l'auteur

Fondateur de Nipponzilla. Cet amateur de mangas, de japanimation et de jeux vidéo japonais n'a peur de rien, et surtout pas de s'intéresser aux œuvres les plus méconnues... au risque de tomber régulièrement sur de belles bouses.

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