Notre critique du tome 1 de Chacun ses goûts

Dessinatrice : Machita
Scénariste : Machita
Éditeur : Kana
Collection : Life
Genre : Tranche de vie
Public : + 14 ans
Contenu : 176 pages
Sortie : 6 novembre 2020
Prix : 7,45€
Statut : En cours de publication

Acheter Site officiel

Résumé

“Haru est une jeune fille otaku qui n’a aucun intérêt pour les relations humaines. Elle travaille et consacre son temps libre et son argent à sa passion. Un soir, dans un café et après une soirée arrosée, elle rencontre une très belle femme, Ao. Elle se révèle être un homme travesti. Ao va lui qui fait prendre conscience à la fois qu’elle n’a pas à avoir honte de son côté otaku et qu’elle peut vivre comme elle en a envie mais aussi que cela ne doit pas l’empêcher de faire attention à elle ! Ao aide Haru à changer son point de vue sur elle-même et sur les autres. Ils s’entendent si bien qu’ils décident de vivre en collocation. L’une des règles de leur coloc’ : chaque semaine, ils doivent préparer un bento l’un pour l’autre.”

Notre critique

Décidément pleine de bonnes surprises, la collection Life des éditions Kana nous fait découvrir cette fois un nouveau titre des plus alléchants. Chacun ses goûts, c’est une histoire tranche-de-vie pleine de douceur, de bons petits plats et d’amitié entre deux personnages qui sortent du moule.

Haru, notre héroïne de 27 ans, est ce qu’on appelle une otaku invétérée. Dans son petit monde rempli de figurines d’anime, elle est parfaitement à l’aise, mais en société, elle a du mal à se sentir à sa place. Cette jeune femme, qui n’a aucun intérêt pour la mode, les produits de beauté ou les relations amoureuses, fait constamment face à l’incompréhension des autres qui vont la plaindre ou lui faire la leçon. Elle en vient même à penser qu’elle fait partie d’une autre espèce que les gens ordinaires !

Après une journée particulièrement pénible, Haru se rend dans son café-bar préféré pour se réconforter avec un cocktail et une pâtisserie. C’est alors qu’elle fait la rencontre d’Ao, un jeune homme qu’elle prend d’abord pour une femme à cause de son style très efféminé. Le courant passe tout de suite entre eux deux et, après une brève discussion où Ao lui dit chercher un logement, elle accepte sur un coup de tête de faire une collocation avec lui. Et même si le lendemain, après avoir dessoulé, elle en vient à regretter cette décision hâtive, elle finit par aller jusqu’au bout et tous deux emménagent ensemble.

Va alors commencer une nouvelle vie pour Haru. Elle qui ne jurait que par la solitude et la tranquillité et qui refusait toujours tout contact avec les gens va désormais partager quelques moments de son quotidien avec Ao, et tous deux vont entamer une petite routine particulière : chaque semaine, ils devront à tour de rôle préparer un bento pour l’autre. Pour Haru, éternelle habituée des plats tout prêts, le challenge semble insurmontable au début, mais elle va vite se surprendre à prendre goût à chercher des recettes et à se mettre au défi pour les réaliser.

On découvre ainsi à la fois une belle histoire d’amitié entre Haru et Ao, deux personnages pleins d’empathie et d’attention que l’on prend beaucoup de plaisir à apprendre à connaître, mais également une histoire de développement personnel avec cette héroïne qui va apprendre qu’avoir des centres d’intérêt différents des autres ne signifie pas devoir vivre à l’écart ou bien en cachant qui elle est vraiment. Quant à Ao, on ne sait pas encore grand-chose de lui ou de son passé, mais même si c’est un personnage très souriant et plein de joie de vivre, on peut sans mal imaginer que lui aussi doit faire face à l’incompréhension des autres et à la pression d’une société qui essaye de pousser les gens à rentrer dans des cases toutes faites.

Le petit rituel de la préparation de bento va vite se retrouver au centre de l’intrigue, puisque cela va devenir en quelques sortes le centre de la relation entre Haru et Ao et ce qui va leur permettre de transmettre à l’autre les choses qu’ils ont du mal à dire avec des mots. Ainsi, lorsque Haru déprime, Ao tente de la réconforter avec un plat sucré comme elle les aime, et quand Ao dit être épuisé par une longue journée de travail, Haru se met tout de suite à réfléchir à un plat qui pourrait lui donner de l’énergie. En plus, à la fin de chaque chapitre, une petite page bonus nous donne une petite recette simplifiée du plat préparé dans le chapitre, ce qui met vraiment l’eau à la bouche et donne envie de s’essayer à la confection de bentos !

Pour l’instant, le manga compte cinq tomes au Japon. On ignore encore comment Haru et Ao vont évoluer au fil de cette histoire, mais en tout cas ce premier volume est une réussite qui donne envie de continuer la série !