Notre critique du tome 3 de La Courtisane d’Edo

Dessinateur : Kanoko Sakurakouji
Scénariste : Kanoko Sakurakouji 
Éditeur : Pika Édition
Collection : Shojo
Genre : Romance, Historique, Drame
Public : + 15 ans
Contenu : 192 pages
Sortie : 22 août 2018
Prix : 6,95€
Statut de la série : En cours de publication

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Résumé

Après être venue en aide à Sôsuke, Akane ne sait plus où elle en est. Elle pense tout le temps à lui et dès qu’il passe à proximité, son odeur l’enivre. Cependant, la jeune courtisane n’accepte pas de se laisser mener par le bout du nez, convaincue que les sentiments qu’elle éprouve pour cet homme ne sont que de l’agacement et rien d’autre. Mais elle est bien la seule à ne pas encore avoir compris que c’était en réalité de l’amour. Elle tente alors de se concentrer sur ses recherches sur l’homme avec la tâche en forme de croissant de lune qui a tué sa famille, mais pour cela elle aurait besoin d’une aide extérieure. Cependant, elle n’a pas encore le droit de recevoir de clients alors trouver une personne de confiance s’avère compliqué. Mais par chance pour elle, un jeune homme continue de venir vers elle et c’est Sôsuke. Même si il s’y prend mal, il essaie en quelque sorte de faire comprendre ses sentiments à Akane et de lui faire découvrir les siens. La jeune courtisane est sur le point de succomber à ses propres sentiments et se met à rêver à une vie avec Sôsuke mais le meurtre de ses parents lui revient en mémoire et lui rappelle son but. Elle refuse alors la proposition de liberté de Sôsuke, laissant ce dernier interdit ne comprenant pas ce que la jeune femme recherche en étant devenue courtisane. Mais Sôsuke voit son amour pour elle grandir de jour en jour et pour pouvoir l’aider, il demande conseil à Riitchi qui le mettra face à un choix difficile. Les sentiments de Sôsuke seront alors mis à rude épreuve et il devra les mettre de côté pour aider Akane dans ses recherches. Aimer une personne et faire en sorte qu’elle soit heureuse ne sont pas toujours deux choses compatibles et Sôsuke va devoir en faire les frais alors que la jeune Akane comprend enfin ses sentiments pour le jeune courtier.

Critique

Ce 3ème tome de La courtisane d’Edo nous entraîne plus profondément dans les sentiments d’Akane et Sôsuke. La jeune fille ne sait pas ce qu’est réellement l’amour et il est difficile pour elle d’identifier ce qu’elle ressent pour Sôsuke. De plus, ils ne viennent pas du même monde et les manières du jeune homme sont mal interprétées par Akane. De son côté, Sôsuke voit ses sentiments comme une faiblesse et il ne veut pas les avouer clairement ce qui n’aide pas la jeune courtisane à comprendre qu’il l’aime. Cependant, Sôsuke est parfaitement conscient de son amour pour Akane et il essaie par ses actions de lui faire comprendre. La relation entre nos deux protagonistes est très compliquée et c’est eux qui rendent les choses difficiles. De plus, Sôsuke apprendra le but d’Akane qui est de rendre son honneur à sa famille et Riitchi lui fait comprendre qu’il ne pourra jamais prétendre à sa main. Tout éloigne les deux amoureux et nous avons de la peine pour eux. Nous avons envie de les soutenir et de les encourager à se parler, à se dévoiler et à s’avouer leur amour mutuel. Nous nous prenons littéralement d’affection pour ces deux personnages qui découvrent l’amour et que rien ne destinait à se rencontrer.

L’enquête que mène Akane au sujet de la mort de ses parents, commence à avancer grâce à Sôsuke. Alors qu’elle pensait être au point mort, Akane trouve une véritable aide auprès du courtier qui a de nombreuses relations et qui arrive à avoir beaucoup d’informations en très peu de temps. Ce que nous aurions pu prendre pour un triangle amoureux devient un triangle de détectives avec l’aide de Riitchi. Nos trois héros se retrouverons régulièrement en cachette pour parler de l’avancée des recherches qui ont mené Akane à une courtisane de l’Akebonorô. Depuis peu, Akane s’est rapprochée de Aoi une jeune courtisane qui a un passé semblable au sien. Les parents d’Aoi étaient marchands et quand ils ont fait faillite, ils se sont pendus et Aoi a été vendue pour épurer leurs dettes. Les recherches de Sôsuke l’ont mené à une famille de marchands qui auraient fraudé et dont le père d’Akane avait découvert la supercherie, lui coûtant ainsi la vie. Cette famille de marchands c’était celle d’Aoi et Akane pense alors avoir une piste sérieuse. C’est une véritable enquête à suspens que nous découvrons dans ce 3ème tome avec plein de rebondissements qui garderont les lecteurs en haleine.

Nous continuons également de découvrir la vie des courtisanes à la période Edo mais également les coutumes de l’époque. Ainsi nous apprenons, par exemple, que les établissements de plaisirs ferment deux fois par an offrant ainsi un congé aux courtisanes qui en profitent pour prendre soin d’elles. Sôsuke le découvre en même temps que le lecteur en surprenant Akane les cheveux défaits et lavés alors que ce n’est pas le jour où les courtisanes se lavent les cheveux, qui est un jour spécial et fixe. Le lecteur peut alors s’identifier à Sôsuke et à Akane car eux aussi commencent seulement à en apprendre plus sur la vie des courtisanes. Nous seront d’ailleurs avec Akane quand elle découvrira que les courtisanes, malgré leur métier, ont des amoureux et qu’elles ont le droit une ou deux fois par mois de refuser leurs clients pour voir uniquement leur amoureux. De nombreux éléments de cette vie mais également de cette époque, nous sont dévoilés dans chaque tome nous permettant de nous faire une idée plutôt concrète de comment les gens vivaient à l’air Edo. Nous nous immergeons alors complètement dans l’histoire pour mieux ressentir celle-ci.

Les personnages sont toujours aussi détaillés les rendant très vivants. Chaque mèche de cheveux, chaque cils, chaque émotions, … tout a été soigneusement travaillé pour rendre ces personnages très authentiques. Les coiffures des courtisanes sont minutieusement détaillées nous montrant la complexité que ça doit être pour arriver à ce résultat. La jeune Akane apparaît sous des traits plus enfantins quand elle est avec ses aînées montrant ainsi la différence d’âge mais également de statut. Sôsuke nous offre également un large panel de visages exprimant à merveille chacune de ses émotions. Même si l’histoire tend à nous le faire oublier, La courtisane d’Edo est un shojo. Nous retrouverons ainsi une jolie héroïne aux grands yeux très expressifs, et un beau héro, un peu mystérieux, qui fait craquer toutes les filles. Le chara-design est relevé par des tenues plus somptueuses les unes que les autres, avec des motifs variés et très détaillés nous plongeant en un regard à l’ère Edo.

Les arrière-plans sont pour la plupart épurés. De nombreuses cases contiennent des gros plans sur les personnages laissant peu de place à un fond. Des motifs comme des fleurs ou encore des nuages sont parfois utilisés pour faire ressentir l’ambiance du moment.